Bienfaits de la nature : les économistes calculent les retombées économiques

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Le zoom éco est une chronique de l'émission Europe matin
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Le Cabinet Deloitte a calculé les retombées économiques de la grande barrière de Corail au large de l'Australie en terme de recettes touristiques ainsi que le travail des abeilles.

Les économistes commencent à mettre un prix sur les bienfaits de la nature.
Combien vaut la Grande barrière de Corail ? Combien valent les abeilles ? Les chiffres donnent le vertige !

Le Cabinet Deloitte a calculé les retombées économiques de la grande barrière de Corail au large de l'Australie en terme de recettes touristiques. Elle représente notamment 64.000 emplois.
On arrive au chiffre de 37 milliards d'euros soit le prix d'une entreprise du CAC 40, comme Orange ou Société Générale.

À quoi ça sert de mettre un prix sur la nature ? Tout n'est pas une question d'argent !

Ça permet d'apporter des éléments rationnels et chiffrés dans le débat écologique.
L'Australie est un grand émetteur de gaz à effet de serre, avec ses centrales à charbon, ce qui menace gravement la Grande Barrière de Corail.
On peut donc, rationnellement et économiquement, expliquer aux Australiens que le charbon est un choix perdant puisqu'il va détruire un de leurs actifs stratégiques d'une valeur de 37 milliards d'euros.

De la même façon, on parle beaucoup des abeilles, en ce moment avec l'interdiction des néonicotinoïdes.

On peut calculer la valeur des abeilles ?

On peut calculer la valeur du travail des abeilles qui pollinisent les arbres fruitiers. Sans abeille, il n’y a pas de fruit.
Ça n'est pas une vue de l'esprit. En Chine, dans certaines régions, on a tellement utilisé de pesticide qu'il n'y a plus d'abeille et les paysans sont désormais obligés de polliniser à la main, avec une brosse à dents, on dépose un peu de pollen sur le pistille des fleurs.
Ce travail est évalué au niveau mondial à 150 milliards d'euros.
Qui va payer s'il n'y a plus d'abeilles ? les fabricants de pesticides ?

Tout cela reste très théorique. En attendant, les industriels continuent de privilégier leurs intérêts à court terme.

Ce n’est pas vrai car les grandes entreprises (à commencer par les pétroliers) réclament la création d'un véritable marché du carbonne.
Vous polluez et vous émettez du C02, il faut payer.
C'est une façon d'inciter tout le monde et plus particulièrement les industriels, à être plus propres, à devenir responsables et durables dans le XXe siècle.
Il est urgent de faire entrer ce paramètre écologique dans l'équation économique.