Y a-t-il déjà un mur de 2.000 kilomètres entre les États-Unis et le Mexique ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Florian Philippot affirme qu'un mur de 2.000 kilomètres existe déjà entre les États-Unis et le Mexique.

Le Vrai-faux de l’Info avec les efforts de Florian Philippot pour réhabiliter Donald Trump.

Le porte-parole de Marine Le Pen, agacé des portraits apocalyptiques que l’on peint du président américain dans la presse. On ne vous dit pas la vérité, selon lui. 

Florian Philippot : "Le mur avec le Mexique ? Le mur il existe déjà et ça n'est jamais dit aux Français. Hillary Clinton a voté pour. C'est le mur de 2007. Il y a déjà plus de 2.000 kilomètres de mur entre les USA et le Mexique depuis 10 ans".

Il y a déjà un mur de 2.000 kilomètres ente les États-Unis et le Mexique, c’est vrai ou c’est faux ?

C'est très exagéré. Il existe bien, à la Frontière mexicaine, non pas un mur, mais une barrière, parfois très impressionnante. Sa construction a été votée sous Georges Bush, en 2006, mais c’est vrai qu'Hillary Clinton, a voté pour, elle était sénatrice à l’époque. Et Barack Obama en a édifié par la suite la majeure partie. Mais elle ne s’étend pas sur 2.000 kilomètres. À l’heure actuelle cette barrière protège 1.100 kilomètres soit 40% de la frontière environ, essentiellement en Californie, en Arizona et au Nouveau Mexique sur les zones qui étaient les plus facilement accessibles. Mais attention, si l’acte initial prévoyait une barrière double, de quatre mètres de haut, donc une sorte de mur, ce n’est pas ce qu’on a construit au final parce que c’était compliqué, que c’était cher. Aujourd’hui, la moitié de cette barrière est en fait constituée de herses, anti-véhicules, donc très basses et on peut sauter par-dessus.

Est-elle efficace cette barrière ?

Depuis sa construction, les interpellations le long de la frontière mexicaine ont considérablement baissé. Selon les chiffres du gouvernement américain, un million de clandestins ont été interpellés en 2006 contre 350.000 en 2012. On reconnaît un effet dissuasif, mais la crise aux États-Unis a joué aussi. Le pays était moins attractif. Et si les flux de clandestins augmentent de nouveau, 415.000 personnes interpellées l’an dernier, on a abandonné la construction. À cause du coût, essentiellement:  six milliards de dollars engloutis en 10 ans en matériel, et maintenance puisqu’il y a des miradors et des caméras. Donc c’est vrai que tout est en place, juridiquement, pour que Donald Trump construise son mur, il n’aurait pas besoin d’un nouveau vote du Congrès. Mais pour le financer, si, et c’est là que ça se corse. Les calculs les plus optimistes évoquent un coût de 25 milliards de dollars et encore ! Il ne pourrait pas couvrir l’intégralité de la frontière.