Y a-t-il 200 passeurs en Méditerranée ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Nicolas Dupont-Aignan affirme qu'il y a 200 passeurs en Méditerranée.

Le Vrai-Faux de l’Info avec les approximations de Nicolas Dupont-Aignan. 

Le président de Debout la France indigné que l’Europe ne lutte pas davantage contre les passeurs de migrants qui sévissent en Méditerranée. Selon lui il suffirait de pas grand-chose :

Nicolas Dupont-Aignan : "200 passeurs en méditerranée".

Il y a 200 passeurs en Méditerranée, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, et Monsieur Dupont-Aignan sous-estime totalement l’ampleur du phénomène : 12.000 passeurs ont été identifiés, rien que cette année, le long des routes migratoires par les services d’Europol qui traquent les réseaux criminels. L’an dernier les 42 experts qui enquêtent uniquement sur eux dans les pays concernés en avaient recensés 40.000, ce ne sont pas 200 passeurs qui opéreraient uniquement en mer, mais bien plusieurs milliers. Ce qui explique d’ailleurs comment 350.000 migrants ont pu traverser la mer uniquement cette année d’après les dernier chiffres du Haut-commissariat aux Réfugiés, 350.000 depuis le mois de janvier.

Et l’Europe ne fait rien ?

Elle tente bien sûr, d’arrêter les passeurs. À terre, là ce sont les différents États qui agissent, et en mer, plusieurs opérations sont en cour. Frontex, qui est l’agence européenne de garde-frontières, sillonne constamment les mers. 488 passeurs ont été arrêtés cette année et une centaine d’autres l’ont été par les navires de l’opération Sophia, dans le cadre de la défense de l’Union Européenne. Des navires de l’Otan patrouillent également depuis plusieurs mois en mer Égée, aux abords des Îles grecques. Donc environ 600 arrestations cette année, cela paraît peu.

Surtout que ce ne sont pas les têtes des réseaux ?

Non, ce sont des petites mains et c’est ce qui nourrit la critique. L’opération Sophia par exemple, c’est 25 pays impliqués, huit unités navales qui font avant tout du sauvetage. 30.000 migrants ont été secourus cette année avec un tout petit budget de sept millions à peine pour tenir jusqu’en 2017. Mais les obstacles, ils sont pas tellement de moyen, ils sont juridiques. On ne peut pas intervenir dans les eaux nationales, impossible d’aller casser les réseaux sur les côtes, turques ou libyennes. L’Europe explore donc d’autres pistes comme un accord avec le Niger cette année qui a permis de réduire presque à zéro le nombre de migrants traversant le Sahara.