Valérie Pécresse : "Je crois que malheureusement le gouvernement précédent a démonté les portiques"

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Faux. Sur les 170 portiques "Ecotaxe" installés, 142 sont toujours en place.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous Géraldine Woessner. Et le possible retour de l’écotaxe, que le gouvernement précédent avait abandonnée.

La ministre des Transports cherche de l’argent pour ses routes et envisage de faire payer les camions qui transitent sur le territoire. Une idée qui ressemble furieusement à la défunte écotaxe dont les bonnets rouges avaient eu la peau fin 2013. Pourra-t-on réutiliser le matériel qui avait été mis en place ? La présidente de la région Île de France, Valérie Pécresse, ne le croit pas.

"Je crois que malheureusement le gouvernement précédent a démonté les portiques (...) un certain nombre ont été démontés", dit-elle.

Les portiques de l’éco-taxe ont été démontés. C’est vrai ou c'est faux ?

C’est faux. Sur les 170 portiques installés au moment de l’écotaxe, quelque-uns ont été vandalisés, une poignée démantelés, mais 142, sont toujours en place, m’indique le ministère des Transports qui a finalement renoncé à les désinstaller. Officiellement, il conserve l'espoir de les réutiliser. Je dis officiellement, parce que c’est peu probable : ces grandes carcasses bourrées d’électronique sont tout juste surveillées aujourd’hui. On entretient les glissières de sécurité mais il n'y pas de maintenance. Elles pourrissent au bord de la route. Les régions que j’ai contactées ne sont même pas au courant de comment c'est géré et le précédent gouvernement maintenait sur ce dossier une omerta complète.

Pourquoi ? Parce qu’il faut se rappeler ce que ce matériel a coûté. 170 portiques, 230 bornes de contrôles pour les routes secondaires, 720.000 boîtiers qui devaient équiper les camions sans compter un centre informatique dernier cri, tout cela a coûté la bagatelle de 652 millions, rappelle la Cour des comptes. Comment avouer au public qu’on a tout jeté a la poubelle alors que l’écotaxe a déjà coûté un milliard de dédommagement a la société qui devait l’exploiter. Le gouvernement a préféré faire le mort, mais le problème reste entier.

Mais il est où ce matériel, maintenant ?

In'y a plus grand-chose. Les boîtiers ont été revendus, 30% de leur valeur. On a carrément donné les serveurs informatiques, rachetés à 2% de ce qu’ils avaient coûté. Les bornes de contrôles mobiles sont stockées au service national des Ponts et secours. Restent ces portiques fixes, qui prennent la poussière. Les douanes ont refusé de les utiliser, et la région Grand-Est, par exemple, qui aimerait s’en servir pour son projet d’écotaxe régionale, doute de pouvoir le faire. Il faudrait évaluer l’usure des équipements, qui seuls, de toute façon, n’ont plus grand intérêt.

Et on comprend que les collectivités enragent. L’abandon de l’écotaxe les a laissées sur la paille, alors que les routes se dégradent. L’État, a pu compenser la perte de revenus liés a l’écotaxe en augmentant la fiscalité sur le gazole mais elles, elles n’ont rien eu. Et Aujourd’hui, ce sont les automobilistes et les contribuables qui paient pour des routes que les camions contribuent a dégrader.

Les grands gagnant dans l'affaire, ce sont ces 250.000 poids lourds étrangers qui passent sur notre territoire, mais achètent leur essence ailleurs donc ne contribuent pas aux dépenses d'entretien alors qu’ils représentent 40% du trafic routier de marchandises. Alors certes, l’écotaxe a été enterrée mais le gouvernement veut trouver un moyen de les faire payer.

Et il a des pistes ?

C’est l’objet des Assises de la mobilité qui commencent aujourd’hui, elles vont durer trois mois. Plusieurs régions ont des idées. L’Île de France par exemple, veut taxer uniquement les camions qui transitent et ne déchargent pas sur place. Le problème c’est que les transporteurs sont déjà remontés a bloc : ils ne veulent plus entendre parler de l’écotaxe. L’équilibre sera difficile a trouver.