Une sortie de l'Union européenne entrainerait-elle 15% de perte de pouvoir d’achat ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Valérie Pécresse affirme qu'une sortie de l'Union européenne entrainerait 15% de perte de pouvoir d’achat.

Le Vrai-Faux de l’info avec les imprécisions de Valérie Pécresse.

La présidente de la région Île de France que les programmes de Marine Le Pen et Jean-luc Mélenchon affolent. Sortir de l’Euro, elle l’affirme, c’est une mauvaise idée.

Valérie Pécresse : "La sortie de l'euro, proposée par Mélenchon et Le Pen, on a vu ce que ça donne en Grande-Bretagne : 15% de baisse de la Livre. Cela veut dire 15% de perte du pouvoir d'achat par tous les retraités, par tous les salariés, au bout d'un mois !"

15% de perte de pouvoir d’achat, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. Si la livre a bien plongé de 15%, quelques jours d’ailleurs après le vote du Brexit à la fin du mois de juin, le pouvoir d’achat n’en a pas souffert. En tous cas pas tout de suite, ce que montrent très clairement les données du gouvernement britannique. L’inflation a été contenue à son niveau d’avant le brexit, au moins jusqu’à la fin de l’année, et les britanniques ont allègrement consommé, du jamais vu depuis 2004, soutenant la croissance. Résultat fin décembre, toutes les statistiques sont meilleures qu’attendues. La croissance atteint 2% en 2016, le chômage a continué à baisser avec 100.000 chômeurs de moins en un an, il est de 4,8%, et la hausse des salaires, a fait plus que compenser la hausse des prix. Le revenu réel des ménages a progressé en 2016, de 1,4%. Cela ne veut pas dire que tout va bien, que le risque est écarté, mais c’est un fait : la livre s’est dépréciée de 17% depuis le mois de juin et le pouvoir d’achat a à peine bougé.

En même temps, il y a quand même des signes que cela va changer ?

Alors, c’est vrai. Une livre faible, ça pénalise les importations, or la Grande-Bretagne importe beaucoup, et les prix à la consommation sont en train de remonter. L’inflation atteint 1,8% en janvier, mais attention, si Apple vient d’annoncer une augmentation de 25% de ses prix en Grande-Bretagne, les biens de première nécessité comme la nourriture sont toujours moins chers qu’il y a un an de 0,4%. Maintenant, il y a des signes d’aggravation : les entreprises paient plus cher leurs matières premières et ça va se répercuter sur les prix. Les Anglais s’endettent moins pour acheter, ce qui peut peser sur la croissance. L’inflation pourrait dépasser 3% cette année et si les salaires ne suivent pas, le pouvoir d’achat va baisser. C’est un peu tôt pour le prédire pour l’instant, et surtout, c’est difficilement comparable avec ce que risquerait la France si elle sortait de l’Euro. 44% des exportations britanniques sont à destination de l’Union Européenne, contre 60% pour la France. Changer de monnaie, tout en sortant de l’Union, n’aurait évidemment pas les mêmes répercussions.