Une délocalisation sur deux se fait-elle à l’intérieur de l’Europe ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Jean-Luc Mélenchon affirme qu'une délocalisation sur deux se fait à l’intérieur de l’Europe.

Le Vrai-Faux de l’Info avec Jean-Luc Mélenchon, particulièrement remonté.

Tout vibrant d’une colère qui fait écho, pense-t-il, à celle des Français, excédés de subir les politiques de l’Union Européenne. Pour le candidat du front de gauche, il faut tout changer.

Jean-Luc Mélenchon : "Quand on interdit, comme c’est le cas dans les statuts, l’harmonisation sociale, clairement, tout le monde est en compétition avec tout le monde. Une délocalisation sur deux se fait à l'intérieur de l'Europe"

Une délocalisation sur deux se fait à l’intérieur de l’Europe, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est vrai, selon une étude de l’Insee dont les données datent de 2011. Plus de la moitié des entreprises ayant délocalisé étaient restées alors, dans l’Union Européenne. Selon l’Observatoire de l’Investissement, on est très loin des idées reçues, 15% seulement de celles qui sont parties ces huit dernières années sont allées en Asie. L’Asie que l’augmentation des salaires, l’éloignement, le transport et le carburant, rendent de moins en moins attractive ces dernières années. Jean-Luc Mélenchon a donc raison : la Pologne avec son Smic trois fois moins élevé que le Smic français, attire des emplois de production. Mais attention, beaucoup moins que ce que l’on a pu observer. On est passé de 12.000 emplois perdus en 2009 à cause des délocalisations, à seulement 1.300 l’an dernier soit 1,6% du total des emplois détruits. Et si les relocalisations restent rares, la France attire aussi des entreprises étrangères et européennes notamment. Ça marche dans les deux sens. Les 900 projets suivis par Business France en 2015, ont représenté 33.000 emplois. Maintenant ce sont d’autres types de fonctions, les emplois industriels continuent à partir.

C’est surtout la classe ouvrière qui souffre de ces délocalisations et se tourne d’ailleurs, vers le Front national.

 Ce que Jean-Luc Mélenchon conteste : "Ce n’est pas vrai que la classe ouvrière vote pour l’extrême droite. 60% des ouvriers ne votent pas, Monsieur Namias".

Là c’est ce qui s’appelle être dans le déni car le chiffre que cite Jean-Luc Mélenchon, il date des régionales pour lesquelles le taux de participation est faible dans toute la population, 50% des Français n'ont pas voté. Ça n'a rien à voir aux présidentielles. 30% des ouvriers n'ont pas voté en 2012, et cette année, selon le centre le recherche de Sciences Po, qui suit un panel de 16.000 électeurs : 40% des ouvriers envisagent de s'abstenir mais chez ceux qui voteront, le Front national est en tête: un ouvrier sur quatre choisit Marine Le Pen, c’est moins d’un sur 10 pour Jean-luc Mélenchon.