Révolution numérique, taux de pauvreté et état d'urgence : le Vrai faux du débat

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Géraldine Woessner fait le pointe sur les différentes affirmations de Benoît Hamon et Manuel Valls hier soir lors du débat de l'entre-deux tours.

Le Vrai-Faux de l’info avec l’ultime débat de la primaire de la gauche.

Un débat qui a ancré les différences entre les deux candidats. Benoît Hamon a articulé l’ensemble de son programme économique (revenu universel, partage du travail…) autour de cette idée : la révolution numérique menacerait des millions d’emplois. Combien exactement, là, il n’est pas très sûr. L’OCDE dit 10%, lui redoute que ce ne soit bien plus.

Benoît Hamon : "Ce rapport est un des moins alarmistes, tant les études nombreuses, je pense a celle de l’université d’oxford qui évoque que 47% des emplois pourraient être détruits aux États-Unis a raison de leur automatisation".

47% des emplois pourraient être détruits aux États-Unis, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux et ennuyeux quand on sait qu’une foule de personnes ont voulu adapter ce modèle à la France. Cette étude ne prend pas en compte les emplois créés par la numérisation, c’est comme si vous regrettiez la perte des couturières sans prendre en compte les emplois créés dans l’industrie textile, ça n’est pas très sérieux. Mais surtout, elle considère comme perdus, des emplois dont 70% des tâches pourraient être automatisées. Des centaines de professions sont donc rayées de la carte comme les secrétaires, les hôtesses de restaurants, les agents immobiliers ou même les cuisiniers. Un point de vue radical qui est de la pure conjecture. D’autres chercheurs estiment à 10% le nombre d’emplois perdus, d’autres encore pensent que l’on va en créer au contraire. C’est simple, un institut de sondage aux États-Unis a posé la question a plus de 2.000 éminents spécialistes et la moitié pensent que la numérisation va créer des emplois tandis que l’autre moitié estime que cela va en détruire. Bref, personne n’en sait rien.

Cet alarmisme, Manuel Valls le rejette ?

Oui, lui il incarne la gauche efficace. Celle qui se colle au réel, et our le compromis parfois, obtient des résultats.

Manuel Valls : "Aujourd’hui le taux de pauvreté a baissé. Mais il est autour de 14%, c’est a dire qu’il est beaucoup trop haut".

Le taux de pauvreté a baissé, c’est vrai ?

Non c’est faux. Il est aujourd’hui de 14,3%, au même niveau qu’en 2012. En fait si le taux de pauvreté a baissé au début du quinquennat, la tendance s’est ensuite inversée avec l’explosion et la persistance du chômage. Notez aussi que ce chiffre ne dit pas tout puisqu’il est calculé en fonction du revenu médian des Français, 14,3% gagnent 60% de mois. Quand ce revenu médian baisse, des gens dont le salaire n’a pourtant pas bougé, ne sont plus considérés comme pauvres. Or ce revenu médian a baissé depuis 2009, d’une douzaine d’euros.

Un mot peut-être de l’état d’Urgence, dont Benoît Hamon veut la fin à cour terme.

Oui, même s’il l’avait soutenu au départ, il s’est abstenu à plusieurs reprise de voter sa prolongation en 2016. Il s’en est justifier en citant le ministre de la Justice.

Benoît Hamon : "Selon les paroles du Garde des Sceaux lui-même, Jean-Jacques Urvoas, l’état d’urgence n’a été efficace que durant le mois qui a suivi sa première mise en oeuvre. Je donne les paroles du Garde des Sceaux !".

Alors c’est vrai que Jean-Jacques Urvoas a mis en doute l’efficacité du dispositif, deux mois après sa mise en place. Il n’était pas encore Garde des Sceaux à l’époque, mais président de la commission des Lois, et il avait noté en effet que l’État d’urgence s’essoufflait. Plus de la moitié des 3.000 perquisitions recencées alors s’étaient produites dans les 15 premiers jours. Depuis un an maintenant, il y en a eu 500 autres, beaucoup moins mais plus ciblées. Et Jean-Jacques urvoas a changé d’avis, il ne s’opposerait pas à une nouvelle prolongation de l’État d’urgence, lui qui a pérennisé dans une loi, contre le terrorisme, certains des éléments du dispositif.