Rachida Dati: "15 élèves par classe, ça a déjà existé et ça ne marche pas"

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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La mesure phare d'Emmanuel Macron pour les classes de CP et CE1 dans les zones d'éducation prioritaires est très critiquée par Rachida Dati.

Le Vrai Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner, et les critiques agacées de Rachida Dati.

L’ancienne Garde des Sceaux, qui rejette toute alliance avec le mouvement En Marche, n'a pas de mots assez dur pour critiquer le programme du nouveau président, un programme qu’elle juge inefficace. Notamment cette mesure phare : limiter à douze élèves les effectifs de CP et de CE1, des zones prioritaires. 

 

Les classes à 15 élèves, ça existe déjà et ça ne marche pas. C’est vrai ou c’est faux ?

 

C’est caricatural Thomas. D’abord non, les classes de 15 élèves n’existent pas aujourd’hui, ou de façon marginale, le dispositif a bien été testé en revanche, en 2002 et 2003 quand Luc Ferry était ministre de l’éducation. On a mis huit à 12 élèves dans 200 de classes de CP de quartiers défavorisés et les résultats c’est vrai n’ont pas été probants. Les enfants, les tests l’ont montré, n’ont pas évolué. Mais attention : l’étude n’a été conduite que sur un an, avec des professeurs pas toujours expérimentés. D’autres travaux menés aux États-Unis sur des temps plus long ont donné de bien meilleurs résultats. Et surtout les méthodes étaient différentes, la culture d’enseignement aussi. On relève un point commun toutefois : dans tous les cas ce sont moins les élèves vraiment en difficulté qui en ont tiré profit, que ceux, au sein de ces classes difficiles, qui étaient dans la moyenne et qui soufrent dans de lourdes classes, d’un environnement perturbé.

 

 Mais pour réduire vraiment les inégalités, on n’a pas trouvé le Graal.

 

Non. Depuis 2012, le gouvernement teste une autre méthode : celle de mettre deux profs dans les classes de ZEP, c’est le programme plus de maîtres que de classes. Mais on n’a pas encore de bilan, mais les chercheurs sont sceptiques, on mesure un mieux-être mais pas encore d’effet sur les résultats. Pour eux on a trop négligé l’aspect pédagogique: il n’y a pas que le nombre qui compte, mais aussi les techniques d’apprentissage. Maintenant Monsieur Macron en est conscient : il veut réaffecter les personnels de ce dispositif, 5 000 enseignants l’an prochain, sur le sien, en recruter 5.000 autres tous expérimentés. Il faudra trois ans d’expérience pour être dans ces classes réduites et donner plus d’autonomie aux écoles, aux chefs d’établissements, pour pouvoir s’adapter.