Quid du trafic d'armes en Europe ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Selon le député de Loire-Atlantique, François de Rugy, l'Europe est laxiste en ce qui concerne le trafic d'armes. Faux.

Le Vrai Faux de l’Info avec vous, Géraldine Woessner, et la polémique qui s’enflamme sur le permis de port d’armes. 

Accordé trop facilement selon certains à l'auteur fiché S de l’attaque sur les champs Élysées lundi, équipé de tout un arsenal: neuf armes auraient été retrouvées chez lui, selon les informations des journalistes du service police-justice d’Europe 1. Toutes détenues légalement.  Il n’empêche ; le député de Loire-Atlantique François de Rugy dénonce l’Europe, et son laxisme.

L’Europe a relâché la lutte contre le trafic d’armes. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, Thomas. Et particulièrement depuis 2015, cette vague d’attentats qui s’étend sur l’Europe. La commission a adopté un plan dès novembre 2015 contre le trafic d’armes, et la coopération entre états, l’échange d’informations ne cessent de se renforcer, en 2016 seulement, 30.000 échanges entre pays ont transité par Europol concernant des enquêtes, ces armes volées. Et récemment en janvier, 10.000 armes d’assaut ont été saisies en Espagne.

Donc non, on ne peut pas dire que la vigilance se relâche. D’autant moins qu’une nouvelle directive vient d’être adoptée au printemps, pour harmoniser  les législations en Europe, encadrant les ventes d’armes. Alors évidemment, ce n'est pas la panacée. Les pays ont des cultures différentes, la France n’a pas réussi à faire interdire la vente de semi-automatiques, par exemple, des kalachnikovs, mais qui tirent un seul coup.  La traçabilité de ces armes sera quand même renforcée, et surtout des standards minimum communs ont été fixés pour les armes dites neutralisées qui ne peuvent plus servir en théorie.  Certains pays avant, ne les neutralisaient pas vraiment, on pouvait les réparer, demain, quand la directive sera transposée, donc d’ici 15 mois, ce ne sera plus possible.

On parle du marché légal, mais il est très facile de se procurer une arme autrement. 

C’est vrai. Parce que la demande existe, et parce que la source ne tarit pas. Il y a des conflits en Ukraine, en Afrique du Nord, que vont devenir ces armes quand les conflits cesseront.  L’Europe déjà, y travaille, on essaie d'anticiper mais, elle le fait avec les moyens dont elle dispose dans un contexte où il est difficile de trouver un consensus.

À l’Est de l’Europe, où l’on craint la Russie, la destruction de ces armes est inenvisageable, cesser de les vendre : non.  L’industrie de la défense, c’est 800.000 emplois en Europe, donc il faut concilier, sans cesse, et y compris en France, des intérêts, économiques et sécuritaires divergents.