Quels sont les vrais chiffres de la précarité énergétique ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, affirme que 12 millions de Français ont du mal à se chauffer. Et malheureusement, il a raison...

Le Vrai Faux de l’Info, avec vous Géraldine Woessner, et la réalité qui se cache derrière les chiffres de la Fondation Abbé Pierre.

Christophe Robert était votre invité hier matin, pour présenter le bilan, chaque année plus alarmant, du mal-logement en France : "12 millions de personnes rencontrent des difficultés pour se chauffer."

12 millions de Français, rencontrent des difficultés pour se chauffer. C’est vrai, ou c’est faux ?

C’est vrai. Et pour comprendre ce que cela représente, il faut aborder la notion de précarité énergétique. C'est quand une famille ne peut pas avoir un accès normal aux ressources d’énergie. Un ménage sur 5 est touché, à des degrés divers évidemment. Il y a ces ménages modestes, qui consacrent plus de 10% de leurs revenus aux dépenses de chauffage, 5 million et demi de Français, ceux qui déclarent souffrir d’un inconfort lié au froid, soit parce que leur logement est inadapté ou qu'ils se restreignent eux-mêmes. L’observatoire de la précarité énergétique considère qu’un noyau de 2 millions 600 000 français, souffre réellement du froid, n’arrive pas à payer ses factures, et que 12 millions de personnes sont touchées, à des degrés divers.

On a entendu les candidats hier, à la présidentielle, avancer des propositions. Le chèque énergie, une aide aux plus modestes, sera bientôt mis en place. Ça va dans le bons sens, non ?

C’est une avancée, mais insuffisante. Car le coût de l’électricité, du gaz, en France, reste modéré, les tarifs sociaux existent et s’étendent. Pourtant, le nombre de personnes mal chauffées ne cesse de s'accroître. Il y a un problème de pauvreté, et de vétusté des logements. Selon le commissariat général au développement durable, 60% des logements qui existent en France ont été construits avant 1975, et 30% ont une classe énergétique au bas du tableau, F ou G, les plus énergivores. Rénover, peut permettre une économie considérable sur les coûts mais on rénove peu, on connaît mal les aides, et un chiffre : seulement 38% des ménages français ont fait des travaux de rénovation énergétique, contre 1 britannique sur 2. Parmi les locataires c'est seulement 5%. Or ce sont eux qui subissent, en majorité, cette précarité. En Grande-Bretagne, où l'isolation des logements est aussi déplorable, on a d'ailleurs pris une mesure radicale : dès avril 2018, les logements de classe énergétique inférieure à E seront interdits, carrément, à la location.