Paris est-elle la ville européenne qui possède le plus de sièges sociaux ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Anne Hidalgo affirme que Paris est la ville européenne qui possède le plus de sièges sociaux.

Le Vrai-Faux de l’Info avec les rêves de succès d’Anne Hidalgo.

Toute à sa joie d’avoir décroché les Jeux Olympiques, la maire de Paris voit un avenir radieux pour la capitale. Non, Paris ne présenterait rien de bloquant pour les entreprises étrangères qui voudraient quitter Londres dans la confusion du Brexit. Les succès, soutient-elle, sont déjà là. 

Anne Hidalgo : "il y a des sièges sociaux qui reviennent : des sièges de banque. Paris est la ville européenne qui possède le plus de sièges sociaux".

Paris est la ville européenne qui possède le plus de sièges sociaux. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. Il est d’ailleurs complexe de savoir de quoi elle parle : si l’on prend toutes les entreprises, y compris les françaises et les toutes petites, 508.000 ont leur siège à paris, selon l’Insee, mais à Londres, on compte plus d’un million de sièges sociaux. Elle parle probablement des entreprises internationales. Et d’un classement en particulier, très restrictif, et le seul qui place Paris en tête : c’est la ville qui accueille, en effet, en Europe, le plus d’entreprises membres du Fortune 500, ce classement des plus fortes capitalisations au Monde, 17 ont leur siège dans la capitale, 27 en région parisienne. Mais c’est compréhensible, elles sont presque toutes françaises, ce sont les entreprises du cac 40.

En revanche, si l’on regarde les chiffres des implantations étrangères, au sens large, ce n'est pas du tout la même chose. Le conseil d’analyse économique s’en est d’ailleurs alarmé l'an dernier. La France, qui était le premier pays d’accueil des centres de décision il y a trente ans, est tombée à la 4e place, et même à la sixième rapporté au nombre d’habitants. Londres, Amsterdam et Bruxelles attirent davantage.

Mais est-ce que c’est en train de changer, justement ?

Ce qui est en train de changer, c’est la confiance des acteurs locaux. La chambre de commerce de Paris va présenter tout à l’heure une enquête menée auprès de 4500 chefs d’entreprise. Ils ont le moral qui repart, voient des opportunités de développement grâce aux jeux olympiques, et à l’étranger, les investisseurs seraient plus nombreux à trouver la France attractive (74% contre 65 il y a deux ans). Mais ça ne se traduit pas encore, pas du tout, dans les faits.

C’est simple : sur 244 nouvelles implantations de sièges sociaux en Europe, l’an dernier, Paris n'en a attiré que 8, contre 51 pour Londres et 17 pour Dublin. Et sur 10 ans, l'effondrement est tangible : la région a accueilli trois fois moins de sièges sociaux que Londres. Seules deux grandes sociétés depuis le brexit ont annoncé qu’elles quitteraient l'Angleterre pour l'hexagone. Les autres sont de petits instituts de conseil financier. Alors que les annonces se multiplient pour Francfort et Amsterdam. Le retard, juge le cabinet d’audit Ernst and Young, est préoccupant.  

Et il faudra plus qu’une réforme partielle de l’ISF ou du droit du travail pour convaincre que les autres vont s’adapter à nos baisses d’impôts dans une sorte de dumping. Paris manque de sections internationales dans les lycées, d’universités de rang mondial, ses loyers de bureau sont chers par rapport aux villes du Nord. Donc vouloir, le gouvernement le répète, c’est superbe, c’est un signal positif. Mais pouvoir, c’est un effort de long terme.