Olivier Besancenot: "Depuis 10 ans, 130 centres IVG ont fermé"

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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C’est faux, selon l’enquête annuelle sur les établissements de santé, il y avait en 2007, 624 centres, ils sont 581 aujourd’hui. Donc 43 de moins, pas 130.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner, et l’héritage de Simone Veil.  

Un héritage salué pour une grande partie de la Nation à la Veille de ses funérailles, même si certains redoutent qu’il soit remis en cause, comme le porte-parole du NPA Olivier Besancenot.

130 centres d’IVG ont fermé ces dix dernières années. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, Thomas. Selon l’enquête annuelle sur les établissements de santé, il y avait en 2007, 624 centres pratiquant l’avortement en France, ils sont 581 aujourd’hui. Donc 43 de moins, pas 130.

En fait, les statistiques d’olivier Besancenot datent un peu. On les trouve dans un rapport publié en 2013 par le Haut Conseil de l’Égalité, qui s’alarmait à l’époque, des très nombreuses fermetures constatées dans les années 2000. Beaucoup de services qui pratiquaient 10, 20 avortements par an, ont fermé, et l'activité s’est concentrée sur les grands centres, mais le nombre d’avortements n’a pas baissé. Il est stable, depuis 20 ans. Le taux de recours à l’IVG, était de 14 et demi pour 1.000 femmes l’an dernier, comme en 2002, avant donc cette vague de fermetures. Cela s’explique, parce que les méthodes ont changé.

À l’époque, donc 2002, 70% des IVG étaient chirurgicales, il fallait, une intervention, à l’hôpital. Cette part, est tombée à 36% l’an dernier, la majorité des avortements maintenant sont médicamenteux, et depuis 2005 on peut les faire en cabinet de ville.

Mais la prise de médicaments, c’est possible jusqu’à cinq semaines de grossesse. C’est ça ?

Oui

Donc comment on fait après, si on a passé le délai, et qu’il y a moins d’hôpitaux. 

C’est un problème qui perdure, mais depuis ce rapport de 2013, il y a eu une vraie prise de conscience sur ce qui pouvait restreindre l'accès des femmes à l’avortement.  Un problème financier : mais depuis 2013, et l'an dernier, l’avortement, et tout ce qui va autour, les consultations, sont maintenant remboursés à 100%. Et un plan national d'action a été lancé en 2015.

Le délai de réflexion de sept jours entre les deux premières consultations a été supprimé, on a mis en place un numéro vert, un site internet, et si certaines doivent encore faire 200 kilomètres, parce que c’est vrai, il y a des déserts de l’IVG, c’est en train de changer : depuis 2016, par exemple, la loi permet aux sages-femmes de réaliser des avortements médicamenteux, donc plus besoin de voir un médecin. Et surtout les centres de santé peuvent pratiquer des avortements chirurgicaux. Donc au-delà de sept semaines de grossesse. Or ces centres il y en a 1.840 en France. Le maillage est potentiellement idéal. Le problème, c’est que cette loi n’est pas encore appliquée parce qu'on attend le décret qui fixe le tarif de l’acte, il n'est pas paru. Et puis tous ne seront pas équiper, faudra un médecin, répondre au cahier des charges. Tout est loin d’être parfait, mais c’est quand même l’inverse d’une remise en cause.