Mélenchon : "Il y a 565 morts par an sur leur poste de travail et 1.200 meurent de maladie professionnelle"

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Le tribun de la France insoumise a lancé hier sa bataille contre la loi travail, il accuse le gouvernement de vouloir casser les protections des travailleurs.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner, et Jean-Luc Mélenchon en lutte contre la loi travail.

Le tribun de la France Insoumise a lancé hier sa bataille populaire contre la loi travail, dans laquelle tout est à jeter, selon lui. Il accuse le gouvernement de vouloir casser les protections des travailleurs voire, de les mettre en danger.

Jean-Luc Mélenchon : "Quand il y a 565 personnes qui meurent chaque année sur leur poste de travail et 1.200 de maladie professionnelle, ça m’intéresse de savoir pourquoi il faut absolument supprimer les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail."

565 personnes meurent sur leur poste de travail, 1.200 de maladie professionnelle. C’est vrai ou c’est faux ?

Le premier chiffre est un peu surévalué : 545 personnes sont mortes en 2015, des suites d’un accident du travail, selon l’assurance maladie. En revanche le nombre de décès liés à une maladie professionnelle est bien moindre : 381 ont été recensés en 2015. Rapportés au nombre de travailleurs, ces chiffres ne sont pas alarmants. Le nombre d’accidents mortels du travail est en baisse constante, il n’a jamais été aussi faible depuis 70 ans, parce que la prévention est de plus en plus efficace : on compte aujourd’hui un peu moins de 34 accidents du travail pour 1.000 salariés, c’est quatre fois moins que dans les années 50. Et c’est logique hein, notre économie s’est tertiarisée, on prend moins de risque avec un ordinateur qu’avec une machine-outil. Cela dit, c’est bien l’encadrement qui a permis des progrès. Dans le BTP, par exemple, le secteur le plus dangereux, avec ses chutes d’échafaudages, la réglementation s’est considérablement durcie, ce qui explique un mieux, idem dans la chimie.

En revanche, et c’est ce qui explique le trouble de Jean-Luc Mélenchon, le nombre d’accidents, et d’accidents mortels, progresse dans un secteur a priori peu dangereux, celui des services. Et c’est dû Thomas, au développement de l’intérim. De plus en plus d’entreprises sous-traitent certaines fonctions, on embauche au contrat des personnes sommairement, ou mal formées aux risques. Alors, il y a moins de décès qu’il y a cinq ans, mais plus d’accidents, et d’accidents graves. Les gens sont arrêtés longtemps, cela représentait en 2015, pour ce seul secteur, plus de 10 millions de journées de travail perdues.

On comprend que dans ce contexte, il paraît curieux de vouloir supprimer les comités d’hygiène. 

Alors attention, personne ne parle de les supprimer, ces comités d’hygiène. Ils existent depuis 1941, sont obligatoires dans les entreprises de plus de 50 salariés, et leur rôle pour la collectivité aussi, est essentiel, la santé au travail c’est un sujet central pour l’assurance maladie.  Ce que veut faire le gouvernement, c’est les fusionner dans une instance unique. Donc avec les délégués du personnel, le comité d’entreprise, ceux qui vont parler du temps de travail, de la formation, de tout. Et cela inquiète les syndicats, qui craignent de voir ses fonctions diluées.