L'hégémonie d'En Marche à l'Assemblée

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Selon Christian Jacob, c’est la première fois dans l’Histoire de la 5ème république qu’il n’y a pas un partage des postes, entre majorité et opposition. Vrai.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner. Et le psychodrame qui agite l’Assemblée. 

A peine installée, la haute assemblée est déjà plongée dans une crise institutionnelle. Aucun membre des Républicains aux postes clés du bureau élu mercredi, l’UDI en appelle au Conseil Constitutionnel, et le chef du premier groupe d’opposition, Christian Jacob, fulmine.

C’est la première fois dans l’Histoire de la 5ème république qu’il n’y a pas un partage des postes, entre majorité et opposition. C’est vrai ou c’est faux ?

J’ai remonté la liste des membres du bureau qui sont désignés chaque année depuis 1958, et c’est vrai. C’est la première fois qu’aucun membre du premier groupe d’opposition n’y est représenté. Dès 1958 on trouve un socialiste dans le bureau du président Chaban-Delmas, et si les postes de questeurs, les plus convoités, sont parfois verrouillés par la majorité, jusqu’en 73, puis sous la gauche en 81, l’opposition a quand même toujours eu des sièges dans cette instance, qui est la plus haute de l’assemblée. Or aujourd’hui, sur 22 membres, donc les trois questeurs, les vice-présidents, les secrétaires, on compte 20 députés de la majorité, une seule issue de la France insoumise, le dernier représente l’outre-mer. Le règlement pourtant recommande, il n’impose pas, de reproduire la configuration politique de l’Assemblée. On n’y est clairement pas.

En même temps le bureau, c’est une instance technique. L’opposition elle est représentée ailleurs

C’est vrai, le bureau s’occupe de l’administration de l’assemblée, pas de ce qui se passe en séance. Mais quand même, il y a des choses essentielles : C’est lui, par exemple, qui décide du budget de l’assemblée, des moyens financiers accordés aux groupes. Ou si un député est mis en examen. C’est le bureau, qui décide, ou pas, de lever son immunité. Enfin dans le cadre d’une réforme, s’il faut supprimer par exemple le régime spécial de retraite des parlementaires, ben c’est le bureau qui est compétent donc vous  voyez, si l’opposition n’y est pas, c’est source de psychodrames incessants.

D’où l’énorme colère de certains députés qui mettent en scène aussi ce premier raté dont ils sont en partie responsables pour rétablir l’équilibre il suffirait qu’une ou deux  personnes démissionnent, et que d’autres soient nommées.