Les retours en politique sont-ils impossibles en Occident ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Brice Hortefeux affirme qu'en Occident, il est impossible d'effectuer son retour politique.

Brice Hortefeux rappelle qu’en Occident, en France mais aussi aux États-Unis, on ne peut pas revenir. Aznar, en Espagne, Tony Blair en Grande-Bretagne, Lionel Jospin qui avait construit son retour ou VGE qui est celui qui est allé le plus loin.

Brice Hortefeux énonce un principe, qui serait qu’en Occident, les retours en politique seraient impossibles. C’est vrai ou c’est faux ?

Brice Hortefeux, dans son affirmation, est tout de même imprécis. D’abord, Si, il y a eu des retours réussis en Occident qui sont liés à un contexte hors norme. De Gaulle comme Churchill retrouveront le pouvoir après-guerre, même si on se souvient plus du deuxième mandat du Général que du premier. Il existe des exemples plus récents comme Silvio Berlusconi, par exemple, renversé par la coalition Prodi en 2006, réélu à la présidence du Conseil deux ans plus tard. Netanyahu en Israël, balayé par Ehoud Barak en 99, il va reprendre les rênes en 2009 depuis il n’a plus quitté le pouvoir.

Mais c’est vrai que ce sont des cas particuliers. Les démocraties parlementaires, dont l’une est perpétuellement menacée, dont sensibles à cette figure de l’homme fort. Plus généralement, on n’a vu de come-back réussi que dans des démocraties autoritaires, où les résultats économiques ont conforté l’emprise du pouvoir. La Russie par exemple, où le pouvoir d’achat a plus que doublé pendant les premiers mandats de Poutine, on conçoit qu’il ait été réélu.

Donc Brice Hortefeux n’a pas tort, les retours en Occident sont quasiment impossibles ?

Ça reste à prouver, parce qu’en dehors de Lionel Jospin, mais qui n’avait pas été président, aucune des personnalités qu’il cite ne s’est présentée. En Espagne, Aznar a bien été tenté, comme Tony Blair tout récemment dans l’espoir de renverser le résultat du Brexit, mais ils ont du reculer face au rejet de l’opinion. Seulement ce rejet, il n’est pas magique car c’est bien leur politique, leurs erreurs passées qu’on leur a reprochées. Le soutien à l’intervention américaine en Irak, dont on mesure les conséquences aujourd’hui ou les réformes libérales qui ont pavé le chemin à la crise de 2008. Le cas de Giscard d’Estaing est en un sens comparable puisque c’est sous son septennat que le chômage décolle et que le budget bascule dans le rouge. C’est en ce sens que Brice Hortefeux a raison. On n’est pas réélu en démocratie quand on incarne une politique qui n’a pas eu les conséquences espérées. Bref, quand on a échoué.