Les médecins continuent-ils de s'intaller là où il y a déjà beaucoup de leurs confrères ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Benoît Hamon affirme qu'il continue d’y avoir des médecins qui s’installent dans des zones où il y a beaucoup de leurs confrères.

Le vrai faux de l’info avec Benoit Hamon qui évoquait hier sur notre antenne le problème des déserts médicaux.

Benoit Hamon : "de manière incitative nous ne sommes pas parvenus à ce qu'il y ait des médecins qui s'installent dans des zones sous dotées, en revanche ils continuent d'y avoir des médecins qui s'installent dans des zones où il y a beaucoup de médecins"

Il continue d'y avoir des médecins qui s'installent dans des zones ou il y a beaucoup de médecins. C’est vrai ou c’est faux ?

On va nuancer mais c'est plutôt faux.

Alors oui, c'est sûr qu'avec la liberté d'installation, on continue d'avoir moins de médecins dans la région Centre que sur la Côte d'Azur mais si on regarde où  les médecins étaient concentrés il y a 10 ans et où ils se sont installés depuis, on ne retombe pas sur les mêmes régions.

D'après les chiffres du Conseil de l'Ordre des Médecins, c'est dans le sud de la France et à Paris qu'il y avait la plus forte densité de généralistes en 2007 et depuis 10 ans, c'est en Bretagne, Aquitaine et  Savoie qu'il y a eu les plus fortes augmentation d'effectifs.

Pour les spécialistes, les changements sont moins flagrants, car ces médecins continuent de préférer les villes à la campagne, mais les effectifs ont aussi baissé ou stagné par exemple dans les Alpes Maritimes, le Vaucluse, les Yvelines ou le Val d'Oise.

Le Sud et l’Ile de France ne sont plus les El Dorado médicaux  comme il y a 10 ans ?

En tout cas, ce ne sont plus des régions pour lesquelles les effectifs enflent sans arrêt, avec de nouveaux médecins qui viennent s'ajouter aux anciens car aujourd’hui, le nombre de médecin par habitant, recule partout y compris dans les régions privilégiées.

Comment ça s'explique ?

Par la pyramide des âges.

Aujourd'hui, même les régions les mieux dotées en médecins perdent des effectifs car les arrivées ne suffisent plus à compenser plus les départs en retraite.

C'est flagrant pour les généralistes, y compris en zone urbaine.

Paris a, par exemple, un quart de ses généralistes en 10 ans, autant que la Nièvre.

Les zones avec "beaucoup" de médecin, comme dit Benoit Hamon, se réduisent. Au total, c'est simple, seuls les départements de la Savoie et la Loire Atlantique, ont vu le nombre de généralistes par habitant augmenter en 10 ans, ça fait deux départements sur 96.

C'est donc plutôt un faux pour Benoit Hamon.