Les jeunes veulent-ils de plus en plus entrer dans l’agriculture ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Ségolène Royal affirme que de plus en plus de jeunes souhaitent entrer dans l'agriculture.

Le Vrai-Faux de l’Info avec Ségolène Royal qui s’est, elle aussi, rendue au Salon de l’agriculture.

Pour porter un message aux agriculteurs déprimés par la crise : Il faut positiver, dit-elle, cesser les postures de victimisation, beaucoup de choses vont très bien dans l’agriculture. D’ailleurs, il en existe une preuve selon elle.

Ségolène Royal : "Les jeunes qui vont dans les lycées agricoles, qui ne manquent pas de recrues : il y a de plus en plus de jeunes qui veulent rentrer dans l'agriculture."

De plus en plus de jeunes veulent entrer dans l’agriculture, affirme Ségolène Royal, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est très exagéré. Pour la première fois depuis longtemps, c’est vrai, les effectifs ont légèrement augmenté cette année dans les lycées agricoles avec 816 élèves de plus exactement, sur toute la France. Le nombre d’apprentis, lui, est en baisse de moins 3.000. Globalement les effectifs, avec 216.000 élèves, ont baissé de 2% depuis 2010. Mais surtout, il faut voir de quelles formations on parle. Les lycées agricoles ne forment pas simplement au métier d’agriculteur, mais aussi à tous ceux de l’agro-alimentaire, de la gestion des paysages, de la maîtrise de l’eau et des services à la personne. Les aides à domiciles pour les personnes âgées, dépendantes, c’est cette filière agricole qui les forme, une activité qui explose. Seuls 24% des élèves se destinent aux filières de la production.

Donc ce n’est pas le fol enthousiasme dans les lycées agricoles ?

Franchement, selon les professeurs: non. Il y a de l’emploi dans ces filières et notamment dans la maintenance de matériel ou la transformation, c’est pour ça qu’elles attirent. On sait que l’on trouvera du boulot mais le parcours reste difficile pour ceux qui voudraient s’installer. Il y a quand même des raisons de se montrer positif : 15.000 nouveaux agriculteurs se sont installés en 2015. C’est plus que l’année précédente et leur profil est en pleine mutation. Ils sont plus âgés, 28 ans en moyenne, et plus diplômés que leurs parents, bac plus trois. Ce qui est intéressant, c’est que les enfants d’agriculteurs sont minoritaires. Ils ont fait le choix de s’installer, un choix de vie : quitte à trimer deux fois plus, un tiers ont un autre métier, pour pouvoir en vivre.