Les effectifs et les moyens de la police et de la gendarmerie s’effondrent-ils ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Nicolas Bay affirme que les effectifs et les moyens de la police et de la gendarmerie s’effondrent.

Le Front National s’alarme de l’insécurité.

Le vice-président du FN Nicolas Bay est ulcéré des montants que le budget consacre à l’accueil des migrants. Il aimerait voir cibler d’autres priorités.

"Tous les actes délictuels qui pourrissent la vie des Français sont en hausse continue parce qu’on effondre les moyens, les effectifs de la police, de la gendarmerie. Emmanuel Macron a baissé de 500 millions d’euros cet été les budgets alloués à la police et la gendarmerie"

Les effectifs et les moyens de la police et de la gendarmerie s’effondrent. Vrai ou Faux ?

C’est faux. Et s’il a bien été question, l’été dernier, de raboter de 500 millions le budget de l’Intérieur, ça ne s’est pas concrétisé. Il fallait trouver 3 milliards pour financer la recapitalisation d’Areva et l'allocation des demandeurs d’Asile. De nombreux ministères ont contribué, et 200 millions ont été pris à la police et à la gendarmerie sur leur réserve de précaution, donc des sommes qui, en théorie, ne devaient pas être dépensées.

Leur budget actuel, celui de 2018, est en hausse de 254 millions. C’est significatif, et l’effort va porter sur l’immobilier, et sur le travail de terrain. C'est la mission de "police judiciaire" qui augmente le plus (de 180 millions) : elle concerne les enquêtes, la recherche des auteurs, leur arrestation. Les effectifs augmentent également, avec le recrutement programmé de 1.400 policiers et 450 gendarmes supplémentaires. Après avoir baissé sous Nicolas Sarkozy, ils vont enfin retrouver (et même dépasser légèrement) leur niveau de 2007. Alors bien sûr, c’est sans doute insuffisant, il manque encore de l’argent pour valoriser les carrières ou renouveler les équipements. Mais clairement, les moyens reviennent.

Parce l'insécurité, elle, ne baisse pas ?

Il reste compliqué de répondre simplement. Le ministère de l’Intérieur a publié ses chiffres il y a quelques jours pour 2017 : ceux des délits enregistrés, donc qui mesurent l'activité des services de police et de gendarmerie. Le nombre de vols violents est en baisse, mais les autres vols, dans la rue, augmentent, de même que les violences physiques (les agressions) : elles accusent une hausse impressionnante de 7,4%.  A contrario les vols de voiture et les dégradations de biens diminuent. Autre donnée intéressante, qui ressort cette fois des enquêtes "cadre de vie" que l’Insee réalise auprès des Français : ils déclarent subir moins de vols, et moins d’actes de vandalisme. Restent toutefois d’énormes points noirs, selon les quartiers, les lieux de vie. La délinquance dans les transports est particulièrement répandue, et quand vous les prenez tous les jours, en région parisienne notamment, mais aussi à Lyon, à Marseille, à Grenoble... ça vous gâche la vie. Or depuis 2015, les moyens des forces de l'ordre se sont clairement sont focalisés contre le terrorisme, la délinquance quotidienne étant mise de côté. Ce que le gouvernement promet de changer, avec cette "police de la sécurité du quotidien" qui sera présentée la semaine prochaine. Mais quel sera son rôle précisément ? On n’en sait rien, le projet reste flou. La volonté est exprimée. Il manque encore la stratégie.