Les chiffres du chômage s’améliorent-ils dans toutes les catégories ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Manuel Valls affirme que les chiffres du chômage s’améliorent dans toutes les catégories.

Belle satisfaction affichée hier par Manuel Valls devant les chiffres du chômage, il s’en est réjoui sur BFMTV. Pour le premier ministre, l’embellie est enfin là.
"74.000 chômeurs de moins depuis le début de l'année, et c'est une baisse tendancielle du chômage et une baisse notamment pour les jeunes, pour les seniors pour les chômeurs de longue durée, c'est à dire que ce sont toutes les catégories qui sont concernées."

74.000 chômeurs de moins, ça baisse sur tous les fronts. C’est vrai ça ?

C'est vrai; avec un grand bémol: Manuel Valls regarde les chiffres qui l’arrangent. Ces 74 000 chômeurs de moins appartiennent à la catégorie A, ceux qui cherchent activement du travail. Mais si on y ajoute les catégories B et C, la cohorte des temps partiel contraints, la baisse est divisée de moitié et sur un an le nombre de chômeurs continue d’augmenter dans ces trois catégories avec plus 39.400 demandeurs d'emploi. Donc ça va mieux mais,l'embellie est fragile. Et Particulièrement pour les seniors : seuls 3.000 d'entre eux ont retrouvé du travail le mois dernier, sur un an leur situation s'est beaucoup dégradée, comme celle des chômeurs de longue durée avec 6% de plus depuis l'année dernière. Donc parler de tendance favorable pour ces catégories, cela semble prématuré.

D’autant plus, qu'un mieux sur le chômage ne traduit pas forcément par un mieux sur le plan économique.

Non et ce qui frappe quand on regarde ces chiffres: c'est le report d'une catégorie sur l'autre: ça baisse chez les catégories A, mais ça explose chez les catégories D et E. Or c'est quoi, ces catégories. D, ce sont les formations, et E, les contrats aidés. Sur un an, elles augmentent respectivement de 10,7, et 7%. Sans compter les radiations administratives ou pour défaut d’actualisation, à des niveaux historiques. Donc une bonne part de l'embellie vient des politiques engagées, plan de formation et CICE, mais quand ces dispositifs, transitoires, vont tomber, que se passera-t-il ? C’est l’inconnue. Il faut qu'une vraie reprise, la croissance prenne le relais. Là, les indicateurs ne sont pas formidables, l’économie n’a créé que 24.000 emplois au deuxième trimestre, nettement moins qu’au premier.