Les adultes français sont-ils incompétents ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Selon une étude de l'OCDE de 2012, les adultes français sont parmi les moins compétents d'Europe. Mais comme toutes les études, elle est contestable.

Le Vrai-Faux, avec vous, Géraldine. Et Patrick Arthus, dont l'inquiétude, quand je l'ai reçu cette semaine, vous a fait réagir.

L’économiste a évoqué ce qu’il appelle un tabou français : la faiblesse de compétence des adultes dans notre pays. Qu’une étude de l’OCDE a mesurée. 

Les adultes Français sont parmi les moins compétents des pays développés. C’est vrai ou c’est faux ? 

C'est vrai, selon cette étude conduite auprès de 166.000 adultes, donc 16-65 ans, dans 24 pays. On a voulu mesurer leurs capacités à se servir d’informations écrites et chiffrées. Les résultats de la France sont affolants : 21ème en compréhension écrite, 19ème pour les nombres. Cela veut dire qu’une part considérable d’adultes ne maîtrisent pas les compétences de bases. Un exemple de question posée : on a fait lire aux sondés le règlement d’une école, avec les consignes d’ouverture, puis on leur a demandé à quelle heure, ils pouvaient déposer leur enfant, près de 22% des français n’ont pas su répondre, il n’avaient pas compris.

Elle est fiable, cette étude ?

Quand on se rappelle que plus de 140.000 jeunes sortent chaque année de l'école sans diplôme, sur des classes d’âge de 800.000 oui, la proportion est crédible. Pour l’OCDE, 30% des adultes en France, ne maîtrisent pas au moins une compétence de base, au Japon, c’est 9%. Et les conséquences, menacent tous les domaines: social, civique, le monde du travail bien sûr, car la plupart des répondants sont salariés. Toute notre production en pâtit. Et si le travail de ces gens venait à disparaître, avec la transition numérique, ils n'arriveraient pas à se reconvertir. Le risque d'exclusion est très fort. Il existe partout, sauf que d’autres en ont pris conscience, ils agissent.

Par exemple ?

Par exemple, ils réforment leur système scolaire pour que l’origine sociale ne soit plus, comme en France, le premier facteur de réussite. Ils forment les immigrés, avec des cours de langue qui existent en France, mais chez c’est 250 heures, quatre fois plus, en Autriche. Et puis, ils font de la formation de manière différente, des rotations de poste dans les entreprises, des dépenses ciblées : la France forme, ceux qui le sont déjà 54% des plus compétents suivront une formation, 16% seulement des plus en difficulté.

Ça commence à changer. Mais les rattrapages de compétences de base visent surtout les chômeurs. L'enjeu est d'y intéresser les entreprises, 56 branches professionnelles, ont défini ensemble il y a deux ans un socle de compétences, une formation a vu le jour, le CLÉA, aujourd'hui seules 30.000 personnes y sont engagées.