L’écart peut-il atteindre 10 degrés entre les zones rurales et la ville ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Gérald Maradan affirme que l’écart peut atteindre 10 degrés entre les zones rurales et la ville.

Le Vrai-Faux de l’info avec l’enfer de la canicule dans les zones urbaines.

Des villes qui ont encore suffoqué la nuit dernière alors que la vague de chaleur se prolonge. t le phénomène devrait devenir de plus en plus fréquent selon les climatologues. Gérald Maradan, le fondateur du cabinet de conseil EcoAct, s’en inquiète.

Gérald Maradan : "on parle souvent d'îlot de chaleur dans les villes. C’est dû au béton et de la chaleur qui stagne. Donc on a des écart de 10°C entre des zones rurales et la ville".

L’écart peut atteindre 10 degrés entre les zones rurales et la ville, c’est vrai ou c’est faux ?

Alors, c’est vrai, dans des cas extrêmes. On n’en est pas là. Selon Météo France, l’écart de température entre Paris et la campagne a atteint six degrés dans la nuit de mardi à mercredi. Dans d’autres métropoles les écarts ont aussi été importants. Lyon, par exemple, il fait quatre degrés de plus dans la ville que 30 kilomètres plus loin. On a égalé le record de chaleur pour un mois de juin, qui date de 1976. Ces 10 degrés de différence ont en fait été mesurés en 2003, pendant la canicule. En moyenne sur 30 ans, la température à Paris a été supérieure de trois degrés à celle de la campagne sur un tiers des jours d’été. Cette moyenne augmente avec le réchauffement, et ce phénomène d’îlot de chaleur urbain s’accentue, c’est un problème de santé publique. La mortalité a augmenté de 140% à Paris pendant la canicule. L’asphalte, les zinc des toits et les ardoises absorbent l’énergie solaire et la restituent pendant la nuit. Les immeubles très hauts forment des canyons urbains où la chaleur s’accumule. Plus les villes sont denses, plus le phénomène est prégnant et aggravé par la climatisation ainsi que les activités urbaines. C’est exactement ce qu’on est en train de vivre.

Est-ce qu’on peut lutter contre ce phénomène ?

Oui, on le peut et on commence à le faire. Dans le monde entier d’ailleurs. Los Angeles, est en train de changer le revêtement de centaine de kilomètres de trottoirs et de parkings avec une matière blanche qui réfléchit la lumière. Ça fait baisser de 12 degrés la température du sol. Toute nouvelle construction a l’obligation de respecter ce critère. Des matériaux réfléchissants pour les toits à Paris, où le bâtit est ancien. On explore plutôt le développement d’îlots de fraicheurs : plus de parcs ou végétaliser les toits qui peuvent l’être ainsi que les bâtiments. Cela a un coût bien sûr mais qui vaudrait largement les bénéfices, selon une étude récente publiée dans le journal Nature Climate Change. Car plus de la moitié de la population mondiale vit dans des villes qui génèrent 80% de la production, même si elles ne recouvrent qu’un petit pourcentage de la planète. Leur réchauffement plus rapide aura évidemment des conséquences économiques et sanitaires.