Le nombre d'avions va-t-il doubler d'ici 20 ans ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Richard Ferrand soutient la création de l'aéroport de Notre-Dames-des-Landes. D'après lui, le trafic aérien aura doublé en 2040.

Richard Ferrand compte les avions dans le ciel de Nantes. Y en aura-t-il deux fois plus dans 20 ans ?

Le Chef de file des députés en LREM, conseiller régional de Bretagne, soutient la création de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une nécessité selon lui, puisque le trafic va doubler dans 20 ans : "C’est d’actualité quand on nous annonce le doublement du nombre d’avions qui vont circuler d’ici 2040, les infrastructures vont être nécessaires !"

Le nombre d'avions va doubler d’ici 2040. Vrai ou faux ?

C’est vrai, à l’échelle mondiale. La société Airbus en est persuadée : 20.500 avions de plus de 100 places sillonnent aujourd’hui les cieux de la planète. Il y en aurait demain plus de 42.000. Mais attention : c'est en Asie surtout que ces avions vont voler, dans des pays en pleine croissance, où les classes moyennes explosent. Il se construit en Chine l’équivalent de quatre aéroports aux dimensions d’Orly chaque année. Le trafic augmentera aussi en Europe, mais dans des proportions moindres. Selon l’association internationale du transport aérien, un peu moins de 16% des 3,8 milliards de nouveaux passagers attendus d’ici 2036 voyageront sur notre continent. Et si la France connaît la même croissance que ses voisins (estimée à 2,3% chaque année sur la période), elle comptera dans 20 ans, 100 millions de passagers en plus. Pour combien d'appareils ? Cela dépend de leur capacité, de leurs taux de remplissage. Ces dernières années, le nombre de passagers et l’emport des avions (le nombre moyen de personnes transportées par appareil) ont explosé, mais le nombre de mouvements d’avions, c’est à dire les décollages et les atterrissages, a stagné : 1,7 millions de mouvements ont été enregistrés en 2016 dans nos aéroports. C’est 100.000 de moins qu’en 2002.

Donc les aéroports ne sont pas saturés ?

En terme d'infrastructures, pas encore. Ce qui est saturé, ce sont les aérogares, qui doivent accueillir des foules considérables, les parkings. Et le contrôle aérien, selon les spécialistes, doit être amélioré. C'est la même chose à l’aéroport de Nantes-Atlantique : le nombre de passagers a doublé en dix ans, à plus de cinq millions, mais le nombre de mouvements d'avions n’a augmenté que de 0,4% depuis 2012. C’est pour cela que les opposants au nouvel aéroport contestent son utilité, avec deux arguments. D'abord, Nantes accueille toujours beaucoup de vols non commerciaux, des petits avions d’affaires, c’est 27% du trafic (contre 7,6% à Nice, par exemple), et le signe, pour eux, que la grosse activité n’est pas si intense. Ensuite, si le nombre de passagers doit atteindre neuf millions en 2040, les mouvements d'avions devraient rester contenus à 80.000, voire moins, si l’emport des appareils s’améliore. Or cela reste conforme aux capacités de la piste, conçue pour supporter 110.000 mouvements d’avions. C'est pour cela que de simples agrandissements de l’aérogare, des parkings, de la piste pour satisfaire la demande de longs courriers, restent une option crédible. L’aéroport de Genève, également situé en ville, accueille 16 millions de passagers pour 175.000 mouvements annuels. Le problème, en réalité, semble plus politique que technique. Ce qui est possible avec les infrastructures existantes, ne sera pas forcément acceptable pour les riverains concernés.