La vitamine D réduit-elle le risque de cancer ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Brigitte Houssin, ostéopathe à Paris, affirme que la vitamine D réduit le risque de cancer.

Vrai-Faux : Non, la vitamine D n’est pas un remède contre le cancer.

L’ensoleillement est particulièrement faible en ce début d’année, et vos journaux se demandent si cela a des conséquences sur notre santé. Doit-on avaler des suppléments de vitamine D pour compenser le manque de soleil ? Oui, selon l'ostéopathe Brigitte Houssin.

"L’hiver, il faut se supplémenter. Il n’y a pas d’autre solution. Plus notre taux de vitamine D est haut, moins on aura de risques d'avoir un cancer"

La vitamine D prévient le risque de  cancer. Vrai ou faux ?

C’est faux. Ce qu'affirme ce docteur, auteur d’un livre sur les bienfaits du soleil, n’est pas validé par la science : on n’a jamais pu prouver la moindre influence de la vitamine D sur la prévalence des cancers. Pourtant, l’espoir est toujours de mise, et on cherche. Des centaines d’études ont été conduites, sont conduites depuis des années, sur cette vitamine complexe.

On cherche, parce que des expérimentations, en laboratoire, ont montré qu’elle affecte plus de 200 gènes qui influencent la prolifération et la différenciation des cellules cancéreuses, et qu’elle freine leur progression pour certaines. On s’est donc demandé si, transposé à l'homme, un plus haut taux de vitamine D dans le sang pourrait aider à lutter contre le cancer.

Mais aucune étude, depuis 20 ans, ne s’est révélée concluante. Il y a des problèmes de méthodologie, d’interprétation. On soupçonne un effet potentiellement positif sur le cancer colorectal, mais négatif sur ceux de la prostate, du pancréas. Une étude récente, qui fait le bilan des autres, publiée dans la revue épidémiologique, conclue que pour l’instant, il n’y a rien de convaincant. (https://academic.oup.com/epirev/article/39/1/28/3807305) Et une autre, dans The Lancet, montre que la prise de suppléments n’a pas d’incidence. Ni sur l’apparition de cancers, ni contre les maladies cardiaques. Bien entendu, d’autres recherches sont en cours.

Les carences en vitamines D, en hiver, sont quand même avérées.

Elles le sont, mais il faut se méfier des définitions. La vitamine D, principalement, est synthétisée par la peau, par exposition à la lumière naturelle. Notre organisme la stocke, notre alimentation nous en apporte aussi, par les poissons gras, les œufs… mais elle est difficile à mesurer. Selon l’institut de veille sanitaire, 40% des adultes sont en risque de déficit, proportion qui augmente en hiver mais 4 à 8% seulement présentent une « déficience modérée », qui a des effets métaboliques, mais qu'on a encore du mal à cerner ces effets. Sans vitamine D, le calcium ne se fixe pas sur les os. C’est pour cela qu’on supplémente les enfants, les personnes âgées. Mais pour les autres, les recommandations restent de manger sainement, et de sortir. Une heure d'exposition par semaine suffit, en général, pour avoir une dose suffisante de vitamine D.  Et comme les suppléments peuvent aussi avoir des effets indésirables importants, les autorités sanitaires ne les recommandent pas. Pour prévenir le cancer, le plus sûr c’est encore d’éviter les graisses, les sucres, l'alcool et le tabac.