La retraite des députés

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Selon Barabare Pompili, une proche de François de Rugy, les pensions des députés sont alignées sur les retraites classiques, faux.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner  et la difficile réforme de l’Assemblée nationale.

Tout juste installé au perchoir, son nouveau président François de Rugy doit entrer dans le vif du sujet. Il veut une assemblée plus moderne, tenez, il promet d’assouplir la règle sur le port de la cravate, mais aussi de réformer la retraite des députés, même si, selon l’une de ses proches, Barbara Pompili, il n’y plus grand chose à faire.

Les retraites des députés sont déjà alignées sur les retraites classiques. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, Thomas. et cet alignement qui aurait eu lieu en 2010, fait partie des mythes qu’entretiennent les députés qui ont bien changé leur régime, cette année-là, mais seulement à la marge : Si Madame Pompili avait 62 ans et qu’elle prenait sa retraite, avec cinq ans de cotisation, elle toucherait 1.200 euros, le double pour deux mandats, donc 10 ans, à salaire égal, pour un employé du privé, ce serait 500 euros.

La raison ? C’est que les députés, contrairement à nous, peuvent sur-cotiser. Payer une fois et demie de plus pendant leurs deux premiers mandats, ensuite c'est dégressif. Résultat ils n’ont besoin que de 30 annuités pour une retraite à taux plein. Et puis vous, s’il vous en manque, des années. Vous avez une décote. Pas eux. Enfin les prestations dans le privé sont couvertes à 80% par les cotisations, employeurs, salariés, les députés, c’est 13 et demi %. Tout le reste vient de subventions de l’État. En 2016, 1.800 anciens députés se sont partagé 61 millions de pensions. Soit une retraite moyenne de 2.800 euros pour deux mandats.

On est loin du régime général. Mais est-ce qu’une réforme est possible ? 

Le problème, c’est qu’au nom de la séparation des pouvoirs, on ne peut rien imposer : la réforme doit venir des députés eux-mêmes. Et justement : François de Rugy est l’un des seuls à porter ce projet depuis des années. En 2010 déjà, il voulait supprimer les avantages des députés. Mais il était très seul, on va voir, maintenant qu’il tient le pouvoir, s’il saura l’imposer.

Il a de bonnes chances : parce que Monsieur Macron veut fondre tous les régimes de retraites en un seul, les 37 régimes, on ne voit pas pourquoi les députés garderaient ce privilège. Et surtout parce qu’il veut réduire d’un tiers le nombre de parlementaires. Donc demain, un tiers de députés en moins cotiseront, il faudrait que l’État rallonge encore pour maintenir ces avantages. Politiquement, ce sera difficile.