La réforme du travail de Mateo Renzi a-t-elle permis de créer 400.000 emplois ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Rama Yade affirme que la réforme du travail de Renzi est un succès et qu'il a créé 400.000 emplois.

Le vrai faux de l’info avec Ramza Yade qui a une analyse de retard.

La candidate déclarée à l’élection présidentielle pense tenir la solution pour résorber le chômage : assouplir le marché du travail en fusionnant CDI et CDD, sur le modèle Italien.

Ramza Yade : "Mateo Renzi l’a fait avec beaucoup de succès en Italie. Cela a permis de créer 400.000 emplois en moins d’un an".

La réforme du Jobs Act de mateo Renzi a permis de créer 400.000 emplois en un an, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux et il ne se trouve plus beaucoup monde pour qualifier de succès cette réforme de Renzi qui consistait à assouplir les conditions de licenciement pour les entreprises, tout en les incitant à recruter en CDI. Elle est entrée en application début 2015 et un an plus tard, il y avait exactement 240.000 travailleurs en CDI plus, selon l’Institut de la statistique italienne. Mais attention, cette année-là, l’incitatif a joué à plein : exonération de charges pendant trois ans pour tout CDI signé en 2015. Et quand l’incitation a diminué, ça s’est inversé. En 2016, le tavail précaire est reparti à la hausse, on a signé autant de CDD que de CDI et on a fait le solde de tous les emplois créés sous le gouvernement de Mateo Renzi : 710.000 au total, dont 285.000 seulement de ces nouveaux CDI à protection croissante, à temps plein. Protection croissante cela veut dire que l’employeur peut le rompre à tout moment les trois premières années, ça fait cher l’emploi quand on sait que la réforme a avalé depuis deux ans,  près de sept milliards d’euros de subventions.

Quand même, plus de 700.000 emplois , c’est mieux que rien du tout.

Bien sûr mais, de quels emplois parle-t-on ? Le succès des CDI observé en 2015 ne s’est pas confirmé, on signe de nouveau, plus d’emplois précaires, donc le but de la réforme est manqué, et la cible également : ces emplois ont davantage profité aux séniors qu’aux plus jeunes , chez lesquels le taux de chômage reste extrêmement élevé, 36,4%. Et le taux global, qui avait baissé en 2015, s’est depuis stabilisé à 11,5% de la population. Ça ne veut pas dire qu’il faut jeter l’ensemble de la réforme aux orties,  il faudra plus de temps pour en mesurer vraiment les effets, mais on voit qu’elle n’a pas compensé les faiblesses structurelles de l’Italie, problèmes  de productivité, de compétitivité.