La France est-elle reconnue partout comme la nation de l’excellence environnementale ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Ségolène Royal affirme que la France est reconnue partout comme la nation de l’excellence environnementale.

Le Vrai Faux de l’Info avec le satisfécit de Ségolène Royal. 

La ministre de l’Environnement, qui défend son bilan, en se mettant, rien de moins, au service de la planète. C’est le titre qu’elle a donné à un récent dossier, où se trouvent compilées les grandes réussites de son ministère.

Ségolène Royal : "C’est plus que le bilan ! C’est le constat que la France a fait énormément et est reconnue sur la scène internationale comme la nation de l’excellence environnementale".

La France est reconnue partout comme la nation de l’excellence environnementale, c’est vrai ou c’est Faux ?

C’est faux, même si des efforts considérables ont été faits. Même si la signature à Paris de l’accord sur le Climat l’a placée sur le devant de la scène. Non, la France n’a pas encore atteint l’excellence. Globalement, elle se place au 10e rang selon le classement établit, depuis 15 ans, par l’université de Yale. Deux rapports récents, de l’OCDE et de la Commission européenne, dont le dernier est sorti mercredi, le confirment. Ils soulignent de vraies avancées avec la loi de transition énergétique par exemple, ou le programme d’investissements d’avenir et le 1,8 milliard consacrés aux technologies vertes. Mais ils constatent aussi un retard marqué, dans plusieurs domaines. La conclusion en gros c’est : bien, élève appliqué, mais peut mieux faire.

Dans quels domaines par exemple ?

Le plus symbolique, les énergies renouvelables. La France a pris des engagements ambitieux, porter la part d’énergies renouvelables à 23% de notre consommation dès 2023, or on n’en est qu’à 14,9% en 2015 soit en-dessous de la moyenne européenne. L’objectif pour l’OCDE, est inatteignable. Autres points noirs :  la gestion des déchets, les Français en produisent plus que la moyenne et les valorisent moins avec la dégradation des écosystèmes. La France reste l’un des plus gros consommateurs de pesticides au monde, et là, quasiment rien n’est fait. La consommation a même augmenté de 30% entre 2008 et 2014, les eaux restent polluées et l’air que l’on respire est de mauvaise qualité. La France se classe au 17e rang des pays de l’OCDE. La faute, notamment au diesel, même si le gouvernement vient de décidé de réduire l’avantage fiscal pour ce type de moteurs, cela vient quand même très tard, et le diesel représente toujours 68% de notre parc. Notre fiscalité d’ailleurs est toujours incohérente puisque nos recettes fiscales environnementales, les taxes sur la pollution par exemple, sont les plus faibles de toute l’Europe. La Cour des comptes a, récemment enfoncé le clou en annonçant que les dépenses fiscales pour soutenir l’environnement ont baissé de 2010 à 2015, elles sont de cinq milliards d’euros. Dans le même temps, celles qui soutiennent des secteurs polluants, le transport routier par exemple, ont augmenté de sept milliards en 2015. En clair, la volonté, le cadre législatif sont là, en majeure partie, mais il reste du boulot.