La France est-elle le troisième pays en terme de dépôts de brevets dans le monde ?

  • A
  • A
Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Jean-Pierre Mignard affirme que la France est le troisième pays en terme de dépôts de brevets dans le monde.

Le Vrai-Faux de l’Info avec les pépites de l’innovation.

Jean-Pierre Mignard, l’intime de François Hollande qui a rejoint le camp Macron, soutient le projet de réforme de l’Impôt sur la Fortune du candidat d’en marche. Il veut supprimer la part des détenteurs d’actions pour les inciter à investir dans l’économie et dans les start-up françaises notamment.

Jean-Pierre Mignard : " Il y a énormément d’inventivité, notamment pour les start-up. Je vois même, la France est le troisième pays d’ailleurs en dépôt de brevets dans le monde. Nous avons a être fiers. La vraie question, c’est qu’on a besoin d’argent. On a besoin de levées de fonds".

La France est le troisième pays en terme de dépôts de brevets dans le monde, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux. Selon l’Office mondial de la Propriété intellectuelle, la France a déposé, en 2015, 71.600 demandes de brevets. Elle est bien placée, au sixième rang mondial, mais loin derrière la cinquième, l’Allemagne, avec 175.000 demandes déposées. Sans parler des États-Unis avec 520.000 ou surtout de la Chine avec plus d’un million. En terme de brevets délivrés, la France est au 13e rang mondial.
En fait, Jean-Pierre Mignard confond avec un autre classement, où la France c’est vrai, apparaît dans le top 3 : celui des 100 entreprises les plus innovantes au monde, établi par une société spécialisée dans le conseil sur les brevets. 10 fleurons français y figurent mais aucune start-ups. On parle de très grands groupes comme Total, Saint-Gobains, et des Instituts publics français à la pointe de la recherche, comme le Commissariat à l’Énergie Atomique ou le CNRS.

Nos start-up n’innovent pas ?

Non pas du tout. Elles innovent énormément, elles ont même levé l’an dernier des montants records auprès d’investisseurs, plus de deux milliards, du jamais vu. Donc nos startups attirent de plus en plus de capitaux et c’est une excellente chose. Mais soyons clairs, une entreprise comme Alstom a déposé 60 brevets en Europe l’an dernier et aucune start-up n’atteint ce niveau de recherche. Surtout, ce qui soutient l’excellence de notre innovation en France, c’est la recherche publique qui finance 30% des brevets nationaux déposés en Europe. Or, son budget stagne depuis des années à 0,8% du PIB. Le CNRS, qui est l’un des plus grands pourvoyeurs de brevets, a récemment tiré la signal d’alarme car il n’a plus assez d’argent. Au niveau global, le financement de la recherche, public-privé compris, stagne à 2,2% de notre PIB conte 3% en Allemagne. C’est l’objectif que s’est justement fixé Emmanuel Macron : augmenter l’effort de recherche grâce à des capitaux privés. François Hollande avait exactement la même ambition, c’était une promesse de campagne en 2012 mais il n’a jamais réussi.