La dégressivité des allocations chômage fonctionne-t-elle ?

  • A
  • A
Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Henri Guaino affirme que la dégressivité des allocations chômage ne fonctionne pas.

Le Vrai-Faux de l’Info avec les critiques acerbes d’Henri Guaino.

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, candidat de la droite, lui aussi, à la présidentielle, s’agace du programme libéral de son concurrent, François Fillon. La dégressivité des allocations chômages, que prônent certains à gauche également, serait une mauvaise idée.

Henri Guaino :  "Les allocations chômage dégressives ? Elles ont existé pendant huit ans en France. La gauche les a avait mise en place et les a supprimées. Cela ne marche pas !".

La dégressivité des allocations chômage, ça ne marche pas, affirme Henri Guaino, c’est vrai ou c’est faux ?

Ça dépend du but recherché. S’il s’agit d’aider le retour à l’emploi de chômeurs qui se complairaient dans l’assistanat, c’est ce qu’on entend parfois, alors oui, Henri Guaino a raison : ça ne marche pas. On le sait, parce qu’on l’a longtemps testé de 1992 à 2001, les allocations ont été dégressives. C’était une réforme de Martine Aubry, l’allocation était stable pendant neuf mois avant de diminuer peu à peu, par paliers. Or qu’est-ce que l’on a observé, selon l’Insee ou la Cour des comptes ? Que si les cadres, les plus diplômés, les mieux indemnisés, se mettaient bien à chercher du travail juste avant de perdre leurs avantages, cela n’était pas le cas de la grande masse des chômeurs, y compris de longue durée, victimes, non de leur paresse, mais de la faiblesse du marché de l’emploi.

En revanche, cette réforme serait efficace pour faire des économies, autour de quatre milliards par an selon les estimations qu’on peut tirer du programme de François Fillon.

Et quatre milliards, c’est justement le montant du déficit de l’assurance Chômage, de l’Unidic ?

Exactement. 4,3 milliards et une dette de 30 milliards, un record. Il faut dire que le système français est le plus généreux en Europe. Il faut, pour être indemnisé, avoir travaillé seulement quatre mois contre un an en Allemagne, jusqu’à 36 mois d’indemnisation. Le taux de remplacement est élevé, avec un plafond stratosphérique, de 6.300 euros, c’est trois fois le montant du plafond allemand. Bref, le système coûte cher, sans être si généreux pour la majorité des chômeurs, les 2,8 millions chômeurs indemnisés par l’Unedic. C’est l’un des défauts pointés par la cour des comptes : un million d’allocataires qui ont les plus bas revenus touchent quasiment autant, en allocation, que les 200.000 qui sont au sommet de ce plafond.