Jean-Michel Blanquer : le budget de l'Éducation nationale va passer "de 49,3 à autour de 50,5 milliards."

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Le vrai-faux de l'info avec Géraldine Woessner et la formidable surprise de Jean-Michel Blanquer.

Le budget de l’Éducation Nationale va passer la barre des 50 milliards. C’est vrai ou c’est faux ?

Techniquement, c’est faux, puisque le budget de l’Éducation, aujourd'hui est de 68 milliards et demi, votés en loi de finances. Et même de plus de 92 milliards si l’on inclut la recherche et l'enseignement supérieur. Alors pourquoi le ministre donne-t-il un autre chiffre ? Pour clarifier les choses, selon son entourage, car en enlevant les retraites versées aux fonctionnaires, ce serait plus lisible.

On remarque aussi que cela permet une chose : donner un chiffre rond, presque magique, 50 milliards. On le retient facilement, plus que s’il avait dit, que le budget allait augmenter de quelques centaines de millions d'euros. Ce qui est faible au regard des dépenses totales pour l'éducation en France, car il faut se rappeler que l’État n’est pas le seul à payer, il y a les collectivités, les familles… En tout 150 milliards l’an dernier. Rapportée à ce total, la hausse, donc, sera de 0,8%.

En tous cas cela éclaire le défi budgétaire à relever. Cette hausse, avec une inflation autour de 1%, est faible. D’autant plus quand les salaires avalent neuf dixièmes du budget. Le programme ambitieux du ministre devra se faire avec pas grand-chose : 1,2 milliard, c'est ce qu’il annonce… alors j’ai pris ma calculette… En me basant sur les anciens rapports budgétaires.

Cette année, 2.500 classes de CP vont être dédoublées dans les zones prioritaires plus, les postes créés sont déjà financés… donc rien de nouveau. Mais l’an prochain, le dispositif doit s’étendre à au moins 10.000 nouvelles classes. Donc il va forcément falloir recruter. Or 10.000 recrutements, ce sont 340 millions d'euros au budget.

Ensuite, il y a la prime de 3.000 euros promise aux enseignants dans les quartiers difficiles, qui sera, confirme le ministère, inscrite au budget 2018. Et c’est sans compter, les avancements de carrière programmés, les dépenses de formation, promises par le ministre, les heures supplémentaires pour le programme "Devoir Faits", les stages de réussite… Bref, ce 1,2 milliard va être tout de suite avalée, voire ne suffira pas à tout financer.

Et c’est ce qui inquiète les syndicats… 

Qui se demandent où sont les marges de manœuvres, quand tout l'argent ira vers quelques classes de CP. La France, ne dépense pas tant que ça pour son éducation : 6,8% de son PIB, c’est dans la moyenne des autres pays. En revanche, rappelle l’OCDE, elle dépense pour le primaire, beaucoup moins que ses voisins et, à l'inverse, beaucoup plus pour le collège et le lycée. La différence est de 4.000 euros par élève. Est-ce que le ministre compte s'attaquer à la structure de ces dépenses, prendre aux uns pour donner aux autres ? Sujet brûlant qu'on préfère, donc, pour l'instant éviter.