F. Philippot: "Aujourd’hui, il n’y a que 25% des Africains qui ont accès à l’électricité"

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Faux, les chiffres du vice-président du Front national date du début des années 2000. Aujourd'hui le taux frôle les 48%.

Le Vrai-Faux de l’Info, avec vous, Géraldine Woessner, et la crise des migrants qui inspire Florian Philippot.

Le vice-président du Front national, mis à l’écart par sa famille politique, semble vouloir se recentrer. Il a tressé des louanges hier à Jean-Louis Borloo, dont il salue le projet d’électrifier l’Afrique. C’est là qu’il faut agir pour stopper les flux migratoires, dit-il, pas seulement aux frontières, car selon lui :"Aujourd’hui, il n’y a que 25% des Africains qui ont accès à l’électricité."

Seuls 25% des Africains ont accès à l’électricité. C’est vrai ou c’est faux.

C’est n’est plus vrai, Thomas. Selon les dernières données de la banque mondiale, près de 48% des Africains ont accès aujourd’hui à l’électricité. En Afrique Subsaharienne, le centre et le Sud du continent qui regroupe 48 pays, le taux d’électrification atteint 37.5 %. Il était de 25% au début des années 2000. Donc les progrès sont réels, mais tragiquement insuffisants. Il y a de fortes disparités entre pays : au Tchad, au Burundi, moins de 8% des gens ont accès à l’électricité, les zones rurales sont terriblement dépourvues, y’a pas d’infrastructures, pas de réseaux nationaux.  Réseaux qui quand ils existent, sont souvent défaillants, les coupures se comptent par dizaines.

La flambée démographique fait craindre peu d’améliorations : pour vous donner une idée, Thomas, 600 millions de personnes n’ont accès à rien, pas de quoi allumer une ampoule, et un pays comme l’Éthiopie, près de 100 millions d’habitants,  ne consomme chaque année que l’équivalent d’un tiers de ce que consomme la ville de Washington au États-Unis. Donc vous voyez le défi pour les années à venir : la banque mondiale a calculé que, pour que tous les Africains soient branchés d’ici 2030, l’électrification devrait progresser de 8.5% par an, le taux actuel, est de 5.5%.

Et sans électricité, peu de développement. Florian Philippot a raison finalement. 

Sans doute, mais on voudrait qu’il nous donne sa recette. Car le Grand Plan de Jean-Louis Borloo, a du plomb dans l’aile. Il avait lancé ce grand projet avant la conférence climat, un plan Marshall de l’énergie, rassembler 80 milliards pour l’Afrique.  Au final 10 milliards ont été promis, pas donnés, et il a jeté l’éponge, là, au mois de février. C’est une structure africaine qui a repris le flambeau, et une vingtaine de projets pour l’instant, sont en fait étudiés. Mais ce qui est intéressant, au-delà des discours, c’est de regarder qui paie. Qui finance, car les besoins sont gigantesques, on parle de centaines de milliards de dollars. La planète entière se dit mobilisée : mais dans les faits, en dehors des pays Africains eux-mêmes, les premiers pourvoyeurs d’aide sont les Chinois. Ils ont financé 30% des nouvelles infrastructures en Afrique ces cinq dernières années, 13 milliards. Les États-Unis ont un programme, lancé par Barack Obama qui est en train de se mettre en place, et l’Europe, rien de concret. J'ai recensé au moins 15 programmes différents, sans compter celui de monsieur Borloo, tous sous-financés, et dans lesquels on se perd. Or ce qui manque à ces pays, souvent instables politiquement, c’est d'abord de la lisibilité.