De nombreux présidents ont-ils été élu alors qu’ils n’avaient pas dépassé 20% au 1er tour ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Benjamin Griveaux affirme que de nombreux présidents ont été élu alors qu’ils n’avaient pas dépassé 20% au premier tour.

Le Vrai-Faux de l’Info avec le procès en légitimité d’Emmanuel Macron.

À la veille de ce week-end d’élection, alors que le candidat distance de 20 points sa concurrente dans les sondages, sa légitimité future, s’il est élu, est déjà contestée par ses opposants qui s’alarment d’un vote de barrage et non pas d’adhésion. Emmanuel Macron sera-t-il mal élu, empêché de mener à bien sa politique. Son porte-parole, Benjamin Griveaux, réfute cette analyse.

Benjamin Griveaux : "De nombreux présidents ont été élus en n’ayant jamais dépassé la barre des 20% au 1er tour".

De nombreux présidents ont été élu alors qu’ils n’avaient pas dépassé 20% au 1er tour, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, ça reste l’exception. Ce n’est arrivé que deux fois dans l’histoire de la cinquième République. En 2002 évidemment, Jospin est éliminé au premier tour et Jacques Chirac, qui sera donc élu, atteint péniblement 19,9%. Il y avait alors 16 candidats en lice, soit cinq de plus que cette année, ce qui a contribué à l’éclatement des voix.
L’autre occurrence, on la trouve en 1995. Chirac, déjà, arrive second, avec 20,8% des suffrages exprimés. Il sera élu grâce au report des voix de son concurrent Balladur, la question de l’adhésion aux valeurs ne s’est pas posée, c’était les mêmes. Or c’est justement elle qui se pose aujourd’hui, car le vote utile a joué à plein dès le premier tour pour Macron. 45% de ses 8,5 millions d’électeurs auraient voté pour lui, selon un sondage Opinion Way, pour faire barrage à François Fillon. C’est peu dire, selon les politologues, que c’est une base fragile.

C’était déjà le cas pour François Hollande ?

Exactement, il y a des similitudes. Une partie des voix qui s’étaient portées sur le président en 2012, étaient des voix de rejet de Nicolas Sarkozy. Et François Hollande, avec 39% des voix des électeurs inscrits au second tour, donc en tenant compte des abstentionnistes, reste l’un des présidents les plus mal élus de la 5e République, juste devant Georges Pompidou en 1969. D’ailleurs, Georges Pompidou affrontait deux concurrents à l’époque : un centriste, Alain Poher, et le communiste, Jacques Duclos, qui fait un très beau score et qui appelle ses électeurs à s’abstenir pour le second tour. Ils le font, l’abstention va dépasser les 31% cette année-là, au point que l’on va appeler Georges Pompidou "Monsieur Tiers", élu avec seulement un tiers de l’électorat. Si les électeurs ne se déplacent pas dimanche, c’est aussi ce qui menace le vainqueur qui aura, en plus, cet énorme handicap, que ce soit Monsieur Macron ou Marine Le Pen : ils n’ont pas ce réseau politique installé pour mener le combat des législatives. Si Macron est élu, il sera dans une situation proche de celle de Giscard en 1974, contraint d’allier son centre à la droite, ou de lui voler ses députés, pour pouvoir gouverner.