Combien de jeunes apprentis ont un emploi à la clé ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Emmanuel Macron affirme que 80% des jeunes apprentis ont un emploi à la clé.

Le Vrai-Faux avec le président Macron.

Un président concentré, qui a tenté de convaincre du bienfondé de ses réformes, en s'emmêlant parfois dans les chiffres comme ceux de l’apprentissage, par exemple, dont il veut redorer le blason.

Emmanuel Macron : "Un jeune qui est apprenti, dans la boucherie, dans la boulangerie, dans les travaux publics, dans le bâtiment dans 80% des cas il a un emploi à la clé."

80% des apprentis trouvent un emploi à la clé. Vrai ou faux ?

C’est faux. Ce taux de 80% concerne en fait uniquement les plus diplômés : ceux qui ont fait un master en Alternance ou un BTS. Mais les  données de l'enquête sur l’insertion des jeunes apprentis sont claires: le taux d'emploi tombe à 59%, après un CAP. Et les métiers que cite Monsieur Macron, ne sont pas bien choisis. Le taux d’insertion atteint 57% pour les métiers de bouche et de 48 à 60% dans le bâtiment selon les spécialités. En moyenne, 65% des jeunes apprentis du CAP au BTS ont un emploi au bout de sept mois. Leur taux de chômage atteint quand même 30%.

Le Président s’est aussi pris les pieds dans le tapis sur les chiffres de démissions.

Et c’est problématique, car vous savez qu’il veut étendre l’assurance chômage aux salariés démissionnaires. Une réforme qui pourrait coûter jusqu’à 14 milliards la première année, selon certaines projections. Le président conteste ces chiffres.

"Aujourd’hui comment ça se passe dans une entreprise quand vous voulez démissionner ? La plupart du temps, vous faites ce qu’on appelle une rupture conventionnelle. Et d’ailleurs dans les motifs de rupture de contrat de travail c’est le premier".

Et ça n'est pas vrai.Le premier motif de rupture d’un CDI, ça reste la démission, dans 57% des cas, selon le ministère du travail. Les licenciements viennent ensuite et seuls 17% des CDI se terminent par une rupture conventionnelle. Un chiffre en augmentation et qui représente un coût considérable pour l'Unedic : ces démissionnés à l'amiable représentent déjà un demandeur d'emploi indemnisé sur six.

Enfin sur la réforme de l’ISF, une affirmation a étonné.

"Si les gens ne réinvestissent pas dans l’économie française, ils seront taxés. Puisque la condition pour ne plus être à l’ISF, c’est d’investir dans l’économie française".

Alors là, on ne voit vraiment pas de quoi il parle. Non, car le projet présenté n'impose aucune condition. Les revenus du patrimoine financier des Français, donc les placements e les actions, seront imposés à un taux unique de 30%. Mais ceux qui y gagneront pourront faire ce qu'ils veulent de leur argent, l’investir ailleurs en Europe par exemple. Rien ne garantit que leur épargne touchera l'économie. Aucune filière de financement n'est créée pour orienter les fonds. La seule incitation qui existait, une déduction pour l'investissement dans les PME, est supprimée. Les effets de la réforme en terme d'investissement seront simplement évalués d'ici deux ans.