Chiffres et statistiques : les approximations du débat

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Géraldine Woessner revient sur les affirmations des septs candidats lors de l'ultime débat de la primaire de gauche qui a eu lieu hier soir.

Le Vrai-Faux de l’Info avec les approximations du débat de la primaire.

Il y en a eu quelques-unes et c’est compréhensible : les candidats sont venus préparés, armés de chiffres et de statistiques. Comme Arnaud Montebourg, qui plaide pour une mutuelle abordable, et publique. 

Arnaud Montebourg :  “Il y a 36% des francais qui ont renoncé à des soins“.

36% des Français ont renoncé à des soins, c’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, même si cette statistique existe bel et bien. Elle ressort d’une étude du ministère des Affaires sociales, réalisée en 2015 auprès de 4.000 personnes. Une étude de perception donc, 36% des gens déclaraient avoir renoncé à un soin pour raisons financières au cours de l’année. Mais les auteurs préviennent : le résultat très sensible à la formulation de la question, on ne peut pas exclure des réponses politiques, des gens qui expriment un ras-le-bol, et le taux varie, selon la façon dont la question est posée, de 10 à 36%. En fait aucune étude, de l’Insee, ou de l’Irdes, ne présente le même résultat. Mais il y a des constantes : peu de gens, autour de 5%, renoncent à consulter un médecin, ce ne sont pas des soins essentiels qui sont concernés, mais dans les trois quarts des cas, des soins dentaires ou d’optique mais souvent aussi, un masseur qu’on n’ira pas voir. Le fait de pouvoir s’offrir, ou non, une mutuelle, est donc essentiel et il faut aussi qu’elle soit de qualité.

Une approximation pour Arnaud Montebourg et il y en a eu d’autres. Pour marquer les esprits, on retient des chiffres qui claquent comme celui lancé par François de Rugy.

François de Rugy : “80% de la viande rouge consommée dans nos cantines est importée. Ça c’est un scandale !“

80%, c’est l’évaluation que livre le syndicat agricole, FNSEA, pour s’en indigner. Selon le ministère de l’Agriculture, ce serait plutôt autour de 50, 60%, ce que confirment les industriels du secteur. Et pour que ça change, il faudrait modifier le code des marchés publics, qui interdit de disqualifier une entreprise ou un fournisseur, sur des critères géographiques.

L’Europe, c’est un casse-tête pour les mesures protectionnistes.

Un casse-tête que certains, ne maîtrisent pas tout à fait.

“Il faut taxer lourdement les importations en violation de nos règles sociales et environnementales.“

Alors là c’est carrément un non-sens, puisque les normes sociales et environnementales déterminent justement l’entrée des produits sur le marché européen. Ceux qui ne les respectent pas sont illégaux, on ne peut pas les vendre. Donc, pas les taxer. À moins que Manuel Valls ne veuille imposer aux pays comme la chine les même règles sociales que nous, dans leurs usine… ce sera compliqué, d’autant plus que la france n’a aucun pouvoir sur les droits de douanes de l’Union, c’est une compétence exclusive de la communauté.