Changer ses fenêtres permet-il de réduire sa consommation d'énergie ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Sébastien Lecornu affirme que changer ses fenêtres ne permet pas de réduire sa consommation d'énergie.

Le Vrai Faux de l'info avec le gouvernement qui ferme la fenêtre.

Douche froide pour les fabricants de portes, de fenêtres et de volets isolants, le crédit d’impôt de 30% dont bénéficiaient les ménages voulant remplacer les leurs va bientôt disparaître. Depuis la semaine dernière, il est raboté de moitié et fin mars, ce sera terminé. Le gouvernement veut remettre à plat l’ensemble du crédit d’impôt transition énergétique, le CITE, et réorienter les fonds vers ce qui marche vraiment soutient Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la Transition écologique.

Sébastien Lecornu : "On sait que Ce n’est pas le fait de changer votre fenêtre qui vous permet de réduire votre consommation d’énergie. Ce n’est pas vrai".

Changer ses fenêtres ne permet pas de réduire la consommation d’énergie. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est faux, évidemment.. Changer le simple vitrage dans votre vieille maison réduira votre consommation. La difficulté c’est de savoir à quel point. L'agence de l’environnement en France calcule que 10 à 15% seulement de la chaleur d’une maison s’échappe par les portes et fenêtres, les plus grosses déperditions venant des murs et du toit. Mais le gouvernement Canadien estime, lui, que c’est 32%. En fait, il est presque impossible d’établir une moyenne : cela dépend du type de construction, de l’exposition au vent et du climat. Pour les conséquences des rénovations, c’est pareil. Aux États-Unis, un Conseil National de notation des fenêtres constate régulièrement les économies générées selon les villes : passer au double vitrage peut faire baisser votre facture de 8 à 60%.

Donc oui, changer les fenêtres peut être utile, maintenant ça n’est pas, et de loin, ce qu’il y a de plus efficient. C’est pour cela que le gouvernement veut retirer cet avantage fiscal, qui coûte à l’État une fortune : 1,7 milliard a été englouti cette année pour financer ce crédit d’impôt, dont 800 millions consacrés aux seuls portes et fenêtres. Or, qu’est-ce qu’on remarque quand on regarde les chiffres de la filière ? Elle vend autant, voire moins de fenêtres qu'avant que soit décidé ce crédit. Conclusion : les gens qui l’utilisent n'en ont en fait pas besoin, ils auraient changé leurs fenêtres de toute façon et l’avantage fiscal manque sa cible.

Donc on le retire et ça fait 800 millions d’économies ?

Officiellement non. L’idée, selon le ministère, c'est de réaffecter les montants, en remettant tout à plat. Car on dépense plus de quatre milliards chaque année pour soutenir la rénovation énergétique. 20 millions de logements ont été construits avant 1975 tout de même. Or les rénovations avancent peu, il y a sept millions de passoires thermiques. Comme l'argent ne tombe pas du ciel, il faut être efficace. Remplacer des menuiseries et des volets, coûte 93 euros le mètre carré, selon des études de professionnels, contre 22 euros pour mettre de la laine de verre dans le grenier, ou changer la chaudière. Le tout pour un résultat à peu près identique en terme d’amélioration. C’est là qu’on veut mettre l'argent public. Tout en corrigeant un défaut du système ; le crédit d’impôt profite surtout aux plus aisés. En ce moment, ceux qui peuvent avancer l'argent. Il sera remplacé en 2019 par une prime, globale, qu’on touchera dès la fin des travaux. Il n’est pas exclu, mais pas garanti, ça dépendra des finances, que le gouvernement y réintègre alors les portes et fenêtres.