C. Castaner : "En Ile-de-France, il y a 10.000 places d’hébergement d’urgence mais elles sont saturées"

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Faux, ce ne sont pas 10.000, mais 20.000 places qui sont dédiées aux migrants et demandeurs d’Asile dans la région.

Le Vrai-Faux de l’info, avec vous Géraldine Woessner, et la crise des migrants qui rattrape le gouvernement.

Alors que des centaines de migrants, qui campaient porte de la Chapelle a Paris, sont en train ce matin, d’être mis à l’abri, le nouveau gouvernement prépare un plan pour résoudre le chaos migratoire. Son porte-parole Christophe Castaner le reconnaît : en Ile-de-France notamment, les structures sont saturées. 

Il y a 10.000 places d’accueil pour les migrants en Île de France. C’est vrai ou c’est faux ?

C’est plus compliqué que cela, Thomas. L’île de France compte aujourd’hui un peu moins de 9.000 places réservées aux demandeurs d’Asile, dans des centres dédiés : la moitié seulement sont en dur, ce sont 36 centres CADA, les autres sont des nuitées d’hôtel prélevées sur un budget qui leur est réservé. Mais ces places n'accueillent pas tout le monde : seuls ceux qui ont déjà déposé une demande à l’Ofpra, l’office français pour les réfugiés et apatrides, peuvent y avoir accès.

Les autres, ceux que l'administration désigne comme migrants, sont accueillis ailleurs, dans des centres humanitaires, il y a 86 en Ile-de-France qui comptent 7.500 places. Donc en tout, ce ne sont pas 10, mais 20.000 places en gros, dédiées aux migrants et demandeurs d’Asile dans la région. Ce qui représente 20% des capacités totales d’accueil d’urgence et c’est insuffisant. Pour loger cette nuit les 1.600 migrants de la porte de la chapelle, on a dû réquisitionner des gymnases.

Est-ce qu’on peut faire plus. Et surtout : comment ? 

Le gouvernement veut d’abord faire mieux. Quand une demande d’asile est déposée, il faut 12 mois en moyenne, pour que le dossier soit traité, avec les recours. Et pendant ce temps, les demandeurs d’Asile attendent dans les centres, qui sont aussi occupés à hauteur de 8% par des déboutés qu’on ne renvoie pas chez eux. Donc il veut réduire les délais, et se montrer plus ferme sur les retours. Mais il faudra faire plus en terme de capacités, et si les associations se plaignent Thomas, c'est aussi, parce que l’attentisme, ne rien faire, ça a un coût. Deux chiffres, vont vous éclairer sur le niveau d'absurdité atteint : l’état a dépensé l’an dernier, 70 millions pour loger en urgence, les migrants d’Île-de-France, selon la préfecture, souvent à l’hôtel, et 85 millions donc plus, uniquement pour démanteler, les campements sauvages, mettre les gens à l’abri, je vous parle des seules opérations à Paris et en Île-de-France. Des gens qui vont revenir car 15 jours après, ils n’ont pas plus de solutions.