Aucune charge sur le Smic, cela permettrait-il aux gens de retrouver du boulot ?

  • A
  • A
Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
Partagez sur :

Alain Juppé affirme que de ne ponctionner aucune charge sur le smic permettrait aux personnes, et aux jeunes notamment, de retrouver rapidement du travail.

Géraldine Woessner pour le Vrai faux de l'info

Le Vrai-Faux de l’Info avec les propositions d’Alain Juppé pour le plein emploi.

À quelques jours du vote, le favori de la primaire de la droite martèle ses propositions et pour éradiquer le chômage, il a la solution :  

Alain Juppé : "Je veux zéro charge sur le SMIC, c'est pour permettre aux personnes peu qualifiées, les jeunes en particulier, de trouver rapidement du boulot". 

Zéro charge sur le Smic, cela permettrait aux gens de retrouver du boulot, c’est vrai ou c’est faux ?

L’avantage c’est que comme cette mesure est déjà quasiment en vigueur, on en a une petite idée et c’est faux. 

Concrètement que se passe-t-il quand un employeur embauche quelqu’un au Smic, il devrait payer normalement 45% de cotisations mais il bénéficie des allègements Fillon, soit 26% en moins sur les bas-salaires. La mesure est en place depuis 2011 et elle a été renforcée à la fois, par le CICE, qui est un crédit d’impôt, et par le dispositif "zéro charges" du pacte de responsabilité en vigueur depuis 2015. Concrètement, l’employeur sur un Smic ne paie plus que 9,5% de cotisations, soit une centaine d’euros de charges pour la retraite complémentaire et pour Pôle emploi. 

Si en plus, depuis cette année, l’employeur est une PME, il ne paie rien du tout sur les nouveaux contrats puisque la prime à l’embauche, 500 euros par trimestre, couvre pour deux ans l’intégralité de ses cotisations. Donc, on le paie même un peu pour embaucher au Smic. L’idée d’Alain Juppé est peut-être lumineuse, mais elle n’est pas nouvelle.

Lui propose de quand même supprimer l’intégralité des charges ?

C’est vrai, il propose de pérenniser tous ces dispositifs, de supprimer les dernières charges qui restent. Cela permettrait, selon ses calculs, de créer 200.000 emplois. Mais cette projection, elle est contestable. Car elle ne prend en compte, explique l’OFCE, ni le coût de ces baisses de charge, 20 milliards par an selon la Cour des comptes, nI les mesures que prennent les autres pays d’Europe. Si nos concurrents eux aussi baissent leur coût du travail, en même temps, le gain de compétitivité n’est plus garanti. Or, c’est exactement ce qui se passe. Et cela explique pourquoi, tous ces dispositifs, depuis six ans maintenant, n’ont pas fait décoller l’emploi.