Airbnb : le nombre de nuités sera-t-il limité à 120 au centre de Paris ?

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Le vrai-faux de l'info est une chronique de l'émission Europe matin
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Airbnb affirme que le nombre de nuitées sera limité à 120 au centre de Paris.

Le Vrai Faux avec la communication offensive de la plateforme Airbnb.

Le site star de location entre particuliers, accusé de concurrence déloyale par les hôtelier, a fait cette annonce retentissante hier. Il limitera le nombre de nuitées dans quatre arrondissements de Paris. Son directeur général en France Emmanuel Marill fait de gros efforts pour convaincre : il est un acteur honnête du marché.

"On collecte des dizaines de millions de taxes de séjour en France. Il y a un sujet à Paris: on annonce qu’on va bloquer, limiter le nombre de nuitées qu’on peut réserver sur AirBnB à 120".

Le nombre de nuitées sera limité à 120 au centre de paris. Vrai ou faux ?

C’est vrai mais ce n’est pas une surprise. La loi interdit déjà la location au-delà de ce plafond, de sa résidence principale et en 2016 le gouvernement l’a renforcée, avec sa loi sur le numérique : les plateformes, en théorie, doivent retirer les annonces des non-professionnels qui loueraient trop longtemps. En clair, ce que Monsieur Marill annonce, c’est qu’il se dote enfin, d'un outil pour respecter la loi. Et encore, pas partout. Seuls quatre arrondissements du centre de Paris sont concernés. Alors que tous devraient l’être...

Colère de la municipalité qui y voit de la mauvaise volonté, airbnb jure l’inverse. Bref, le bras de fer est engagé.

Car si les pouvoir publics ont longtemps ronronné sous les caresses de la plateforme qui booste le pouvoir d’achat et génère de l’activité, c’est en train de changer: car l'offre d'Airbnb explose. Plus 53% dans la capitale cette année, selon l’observatoire de la plate-forme. Il y avait en septembre 85.000 offres airbnb dans la capitale pour 80.000 chambres d’hôtel. Paris qui a perdu 13.000 habitants qui ne trouvent plus à se loger. La pénurie devient telle qu’il fallait réagir. La mairie l'a fait : dans 15 jours, tous les hébergeurs devront s’enregistrer auprès de ses services. Elle reprend la main, pour pouvoir contrôler.

Pourtant monsieur Merrill le dit, il paie des dizaines de millions en taxe de séjour Ça c’est positif pour la ville !

Des dizaines, non, c'est faux. 10 millions tout juste cette année, sur toute la France. Cette taxe, pourtant obligatoire, n'est collectée que dans une cinquantaine de villes, pas partout et en 2016, à Paris, elle n'a rapporté que cinq millions quand les hôtels en ont payé 65, 13 fois plus. En fait cette taxe est d'un faible montant, à peine plus que les campings, et personne ne contrôle les sommes que reverse la plateforme, c'est ça que les municipalités veulent changer.

D’où les efforts d'Airbnb pour montrer sa bonne volonté. Sur le mode, je vais collaborer, ne régulez pas trop. Car son modèle, est basé sur la fluidité, c’est l'absence de régulation justement qui a fait son succès. Il va falloir trouver un nouvel équilibre au niveau local et national, pour qu’Airbnb paie sa due part fiscale. 130 millions d'euros de chiffre d'affaire estimés en France l'an dernier. Or elle n'a payé l'an dernier que 100.000 euros d’impôts puisque son siège est en Irlande, c’est quand même un problème quand l’optimisation fiscale fait scandale.