Martine Aubry s'insurge contre le duo Hollande-Valls

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Le portrait de Catherine Nay est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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En direct du Salon de l'Agriculture, Catherine Nay revient le "coup de boule" adressé cette semaine par Martine Aubry au gouvernement via une tribune au Monde.

C.N :  A Munich, Manuel Valls a affirmé ne pas pouvoir aller plus loin que le quota français : pas plus de 30 000 réfugiés. Il s'est dit hostile au mécanisme permanent d'accueil des migrants que proposait Angela Merkel. La Chancelière "a sauvé l'Europe" du déshonneur. La mission de la France n'est pas de dresser des murs mais de construire des ponts".Très bien. On passe aux travaux pratiques. En septembre, Madame Aubry se disait en effet prête à accueillir des migrants à Lille. Nous l'avions interrogée à Europe 1. Combien ? Réponse : 100 migrants. Parce-que la ville n'avait pas des capacités de logement ni les moyens de faire plus. Voilà. Ce qui nous ramène au principe de réalité. A ne pas confondre avec les grands sentiments.

W.B. Après ce coup de boule, Martine Aubry se place t-elle en réserve de la République, en réserve pour les primaires..

C.N : Madame Aubry n'a aucune envie de mettre les mains dans le cambouis. Elle veut bien jouer le rôle d'aiguillon ou de mauvais conscience de la gauche qui l'accrédite de bonnes opinions. Il y a ses coups de griffes épisodiques au Président et au Premier Ministre. Elle a refusé de prendre la tête de ses amis les Frondeurs au dernier congrès du PS de Poitiers. Et même, surprise, elle s'est ralliée à la majorité. Elle a refusé de s'engager malgré l'appel de plusieurs élus socialistes aux régionales dans le Nord. Elle aurait pu sauver la région, disent-ils en s'alliant avec les verts. Mais Madame Aubry a préférer pousser Pierre de Saintignon. Un homme très bien mais qui a pâti d'un déficit de notoriété face à Marine Le Pen et on a vu le résultat. La bérézina pour la gauche. Martine Aubry n'a pas beaucoup fait campagne pour son candidat. Elle a commencé à se bouger un mois avant l'échéance quand tout était déjà perdu. Et, en revanche, entre les deux tours, on l'a entendu appuyer Xavier Bertrand. Mieux même félicité les électeurs de gauche qui avaient voté pour lui.

W.B. Tout ça n'est pas très cohérent.Quid des suites de cette tribune tonitruante.

C.N : Cela affaiblit la majorité qui est déjà très mal en point. Ca affaiblit la gauche mais elle ne propose rien de précis. Il n'y a pas les contours d'une autre politique. Que des voeux pieux ce qui invite Manuel Valls à garder le cap. Il s'en réjouissait presque ces jours ci. Ca va clarifier la situation entre les anciens et les modernes.