Macron : rêve, mirage ou révolution ?

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Le portrait de Catherine Nay est une chronique de l'émission Europe 1 Week end
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Pour certains objet de tous les espoirs, pour d'autres l'homme à abattre. Emmanuel Macron divise et éveille l'intérêt mais va-t-il relever le défi de 2017 ?

Emmanuel Macron à la Une, tout le monde lui tombe dessus. Est-il si dangereux ?

Depuis qu'il a quitté la porte du gouvernement, Emmanuel Macron est devenu "le" bouc-émissaire. C'est bien simple, tout ce qui ne va pas dans le pays est de sa faute. Pêle-mêle : Alstom, les difficultés de EDF, de la SNCF, l'effet de serre, le chômage, la crise de la gauche, l'échec du quinquennat... la chasse au Macron est ouverte ! Parmi les snipers il y a messieurs Cambadélis, Le Foll, Le Roux, Valls, Lang et Najat Vallaud-Belkacem, mais il n'y pas que la "Hollandie" qui est vend debout ! Les écolos, les candidats à la primaire à droite ou leur entourage... même Henri Guaino s'acharnent sur ce "Judas." 

Mais qu'a-t-il fait pour mériter tant de haine ?

Il agace, il est devenu un pouvoir perturbateur. Alors qu'il était inconnu au bataillon il y a deux ans, il caracole en haut des intentions de vote à gauche (entre 16 et 18% selon les sondages). C'est à dire devant Mélenchon, Montebourg et François Hollande. C'est dire si le fils prodigue est devenu un danger ! Etant positionné ni à gauche ni à droite, Emmanuel Macron entame le capital de François Bayrou et rogne aussi sur l'électorat d'Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Il n'y a aucun impact pour l'instant sur le Front National, mais il espère aussi prendre des électeurs de ce côté-là. Aucun sondeur ne le voit pour l'instant en mesure de gagner le second tour, mais c'est vrai qu'il ne s'y est pas encore déclaré. 

Est-ce qu'il s'y prépare vraiment à cette course pour l'Elysée ?

Vraiment ! Mais avec les moyens du bord, qui sont pour l'instant assez chiches. Il se déplace en train en voiture de location, en Bretagne, à la foire de Châlons-en-Champagne, ou dans le Cantal. Aujourd'hui à l'invitation de Gérard Collomb il prononce un grand discours sur l'Europe, mais sous pression de l'Elysée des personnalités de gauche se sont récusées. Qu'importe ! Lui il trace son chemin car ce qu'il veut c'est recomposer la politique. Il vient d'être rejoint par Daniel Cohn-Bendi et Renaud Dutreil, ex-ministre chiraquien. Chaque mercredi il réunit des parlementaires de toute sensibilité : ils étaient 43 le 14 septembre. Il va livrer son état de la France à partir de sa grande marche, d'ici octobre lors de trois réunions dans des villes de province différentes.

Grande question : y va ou y va pas ? Pour Le Parisien il y va ! Et selon vous ?

A un agriculteur il avait répondu : "je ne fais pas ça pour beurrer les tartines !" C'est sûr que sa motivation est intacte mais il faut de l'argent. Certes les dons arrivent mais ce sont des petites sommes. Les grands donateurs se font tirer l'oreille. Ce qui est sûr c'est qu'il ne passera pas par les primaires de la gauche. Car s'il a quitté le gouvernement c'est qu'il ne croit plus aux chances de François Hollande. Les proches d'Emmanuel Macron croient qu'il pourrait se déclarer candidat entre le 15 novembre et le 15 décembre. La question demeure tout de même : Macron est-il un rêve éveillé, un mirage ou à lui-seul déjà une révolution du paysage politique ?