Angela Merkel dans le doute

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Le portrait de Catherine Nay est une chronique de l'émission Europe 1 Week end
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A quatre mois des élections allemandes, Catherine Nay revient sur la campagne électorale difficile pour la chancelière Angela Merkel. 

Bonjour Catherine,

Bonjour Wendy, bonjour à tous...

La campagne présidentielle est terminée depuis minuit... Nous n'avons plus le droit d'en parler... Alors ce matin, nous jetons un coup d'œil vers nos voisins les allemands... Ils diront en septembre prochain s'ils accordent un 4ème mandat à Angela Merkel...

Celle qui a vu passer Bush et Obama, Sarkozy et Hollande, Cameron et Renzy... Chancelière depuis 2005... Madame Merkel rempile avec l'accord de son parti, la CDU qui lui a donné le feu vert à 90 % des voix, lors de son congrès à l'automne... Un moment où le pari était risqué...avec une Allemagne de mauvaise humeur... Divisée entre pro et anti migrants... L'extrême droite agitait le slogan "Merkel doit partir"..

Le danger a surtout été l'annonce de la candidature de Martin Shulz, ex-président du parlement européen et adoubé par le SPD...

Il a été élu à la tête du parti avec 100 % des voix... Du jamais vu... C'est dire l'espoir qu'il a levé... L'annonce de sa candidature a eu un effet de souffle dans les sondages... Le SPD est passé des 20 % où il se traînait depuis des années à plus de 30 %... La presse allemande évoquant le Shulz affect... c'est à dire l'engouement... Le Spiegle, le représentait à la Une tel un Saint Martin... qui partage son manteau avec un déshérité... Un saint que fêtent les allemands chaque 11 novembre... Il y a dans toute l’Allemagne des retraites aux flambeaux, on chante dans les écoles, on mange de l'Oie.. Ces traditions demeurent... avec Martin Shulz, le SPD espère avec Martin Shulz faire la fête en septembre... Qu'il se hisse au poste de chancelier...

Ça c'était en janvier.... mais depuis il y a eu les élections en Sarre, en mars qui ont un peu refroidi l'optimisme des socialistes allemands...

La Sarre petit lander de 800 000 inscrits sur les 61 millions d'électeurs que compte la pays... Mais c'était un premier test... La candidate du SPD, ancienne lanceuse de poids devenue avocate, allait elle battre la ministre présidente sortante, candidate de la CDU et qualifie de Merkel locale... Eh bien non .... La présidente sortante a été réélue avec un  meilleur score qu'en 2012... Martin Shultz s'est dit très déçu...

Il va y avoir d'autres tests... Demain, on vote dans le schlessing-Hollstein... 2 million d'habitants.. Mais encore plus significatif, le 14 mai en Rhénanie Westphalie...

Dans ce gros lander qui rassemble 20 % du corps électoral... Ce sera la meilleure prise de température de l'opinion allemande... La Rhénanie c'est Cologne... avec les viols de Noël... Mais depuis, la crispation anti-réfugié s'apaise... L'Allemagne en a accueilli 1 millions et demi  en 2015 et 2016... Aujourd'hui le flux s'est tari.... Les réfugies sont tous logés et les enfants scolarisés à 80 %... Et leur arrivée, n'a pas monté le chômage... Le parti d'extrême droite AFD est donné à 6 % en Rhénanie depuis l'éviction de sa leader, Frauke Pietri... Il y a 15 jours, l'AFD est en perte de vitesse.....

Ce qui veut dire que Madame Merkel a encore ses chances...

Il y a une lassitude Merkel... L'usure du pouvoir est là... Son impassibilité qui a fasciné pendant des années se métamorphose en ennuis... Les allemands ont inventé le mot merkeler, parler pour ne rien dire... Elle a justifié sa décision de remplir par le sens du devoir ce qui n'est pas très motivant... Son style est en cause...Au moins Martin Schultz , lui, parle fort est exubérant, s'énerve, met de la vie dans son propos.... Mais voilà... L'Allemagne n'aime pas trop le changement... Helmut Khol était resté 16 ans... Et puis, au fond Merkel on l'admire aussi... Et surtout, elle peut présenter un bilan économique comme aucun autre dirigeant européen.... En mars dernier : 5,9 % du taux de chômage, le plus bas niveau depuis le réunification... Donc parole de sondeur, rien n'est joué.