Juger la reine d’Emmanuel de Waresquiel : l'histoire de Marie-Antoinette

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Le livre du jour est une chronique de l'émission Europe nuit
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Chaque soir, Nicolas Carreau nous emmène à la découverte des plus belles nouveautés littéraires.

Juger la reined’Emmanuel de Waresquiel aux éditions Tallandier

Un peu d’histoire aujourd’hui.

Avec Juger la reine, le dernier livre d’Emmanuel de Waresquiel, grand historien, mais aussi et ce n’est pas toujours le cas, très bon raconteur d’histoires. Son précédent livre s’intéressait à Fouché, il a conquis des dizaines de milliers de lecteurs. Cette fois, il entre dans la tête de Marie-Antoinette au moment de son procès par le tribunal révolutionnaire, du 14 au 16 octobre 1793. Un moment de haute tension politique. Mais aussi et surtout une épreuve terrible pour cette femme, Marie-Antoinette, épuisée par le calvaire qu’elle est en train de vivre.

Le procès était-il perdu d’avance pour elle ?

Bien sûr. Il faut se remettre dans le contexte. La révolution se radicalise, on entre doucement dans la période de la Terreur. Les troupes royalistes nous menacent aux frontières, la Vendée contre-révolutionnaire s’est soulevée. On a besoin de symboles forts et la reine en est un, celui de l’absolutisme, elle était effectivement condamnée d’avance. Elle a 38 ans à ce moment-là, elle ne ressemble plus vraiment à la reine majestueuse dont on se souvient. "Elle porte une robe de deuil noire, nous dit Waresquiel, recouverte d’un fichu de mousseline noué sur le devant". Robe confectionnée d’ailleurs lors de sa captivité à la prison du Temple, juste après la mort de son mari, guillotiné au début de l’année.

Et ses enfants ? Où sont-ils ?

Ils lui ont été arrachés. Elle n’a plus rien, ni proches ni biens. Elle cache simplement sous sa robe un petit médaillon qui renferme une miniature de son fils et une boucle de ses cheveux. D’ailleurs, pendant le procès, on accuse la reine de crimes politiques, la femme pour ses gouts de luxe, mais aussi la mère. On l’humilie même en l’accusant de crimes sexuels à l’encontre de son fils. On fait même témoigner le petit Louis-Charles Capet ! Quoi qu’elle ait pu représenter, en dehors de toute considération politique, on ne peut être qu’ému devant ce spectacle navrant. Elle sera donc guillotinée le 16 octobre. En montant sur l’échafaud, elle se serait excusée pour avoir marché par inadvertance sur le pied du bourreau. Mais ça, c’est la légende. Pour la vérité historique, pour vivre cet incroyable procès, lisez ce livre.

Juger la reine donc d’Emmanuel de Waresquiel chez Tallandier.