Whirlpool : coup de show !

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

C'est sans doute 20 Minutes qui résume le mieux la journée d'hier avec cette Une : "Whirlpool : coup de show !"
Le show des deux rivaux à la présidentielle sur le site industrielle menacé de fermeture.

"La guerre est déclarée" titre Libération.

C'est "La bataille de la Somme" en Une de L'Opinion.

Sur le dessin de Kak, Marine Le Pen a mis Emmanuel Macron dans une machine à laver (Whirlpool, forcément). La candidate FN est appuyée dessus : "1.400 tours minutes, ça devrait bien l'essorer" dit-elle.

Marine Le Pen accusée, en Une de l'Humanité, de "Cacher son programme sous un déguisement social".

"Son coup d'Amiens vise à semer le trouble dans une partie de l'électorat de gauche et ouvrier pour rattraper son retard" juge l'Huma.

Il y a aussi un sujet qui fait parler : ce sont les nouvelles affiches des deux candidats.

"Photoshop s'invite dans la campagne" constate 20 Minutes.
"Dans les deux camps, on a eu la main lourde. Marine Le Pen n'aurait-elle pas employé les services du graphiste de Maria Carey, régulièrement épinglée pour son usage pas très subtil du logiciel de retouche photo" s'amuse le journal.

Marine Le Pen qui "montre un bout de cuisse".

"Et c'est un sujet qui a été discuté au sein de l'équipe", nous raconte l'Express sur son site.
"C'est un parti pris assumé. Il s'agit d'un message subliminal par rapport à l'islam" souffle un stratège de la campagne.
Macron n'est pas épargné non plus : "À cause de sa pose, façon photo de carte de cantine scolaire".

En Une d'Aujourd’hui en France, c'est Jean-Luc Mélenchon qui se fait épingler.

L'ex candidat de la France insoumise rebaptisé "L'apprenti sorcier". "Après avoir inventé le "dégagisme", il expérimente un nouveau concept politique : l'absentéisme" estime le journal. "En désertant brutalement le jeu démocratique, il crée un appel d'air inespéré pour Marine Le Pen".

Libération, de son côté, dénonce "un silence écrasant".

Le Figaro et CNewsMatin sont déjà dans "le match d'après".

"La bataille des législatives a déjà commencé", titre le premier. Quand le gratuit affiche en Une un pupitre vide du parti socialiste et s'interroge : "Le PS peut-il s'en sortir ?".


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

J moins une semaine pour les élections législatives en Algérie. Jeudi 4 mai prochain, les Algériens renouvellent leur parlement, mais cette campagne ne semble pas emballer grand monde.

Hier, Jeune Afrique publiait un article pour dire qu’à Alger, "le duel Macron-Le Pen passionnait plus que les législatives du 4 mai". Un restaurateur témoigne : "les législatives algériennes sont jouées d’avance, elles ne réservent aucune surprise et n’intéressent personne, alors qu’en France c’est suspense et coups de théâtre à répétition avec des enjeux considérables !".
D’ailleurs, explique le site de l’hebdomadaire, le spectre de l’abstention inquiète beaucoup les autorités, à tel point qu’elles ont interdit aux médias de donner la parole à ceux qui prônent le boycott. L’abstention pourrait être plus forte encore qu’en 2012, où elle avait atteint 57%.

À cause de quoi, un système politique bloqué ?

Exactement, verrouillé par un président et son entourage : Abdelaziz Bouteflika a 80 ans et il est très malade, certains sites africains annonçaient encore sa mort il y a 15 jours. Et puis le site TSA, Tout sur l’Algérie, nous raconte comment ces législatives sont envahies par une multitude de partis microscopiques, une cinquantaine, que personne ne connait et qui ont surtout pour effet de diviser un peu plus une opposition qui n’a plus vraiment de poids. Le Grand Quotidien d’Oran donne la parole aux Algériens, dans un article titré "L’Attente". Attente que ça passe, vite. Les gens disent leur certitude d’un vote manipulé, de sièges de députés achetés, de quotas que se réserverait le pouvoir. Comme ce gardien de parking qui résume : "Eux, partis et candidats, nous promettent que du bonheur. Nous, électeurs, on fait semblant de les croire. Le vote aura lieu puis la vie reviendra à son cours habituel et son lot de contrainte de mal-vie".

Parce que c’est un autre aspect de cette désillusion : les difficultés économiques.

Oui, elles empirent. Le Quotidien d’Oran explique que "le coût de la vie est une bataille de chaque jour", ne serait-ce que le prix des aliments. Et c’est flagrant : si vous regardez ne serait-ce que la page d’accueil d’un site d’info comme Algérie Focus. En voici quelques titres : "Effets de la crise financière : la vie de plus en plus chère". "Crise économique : des dizaines d’entreprises de bâtiment et de travaux publics au bord de la faillite". "Front social : les blouses blanches dans la rue" (c’est une grève des médecins). Bref, le contexte est très morose et on comprend en lisant la presse algérienne que ces législatives provoquent surtout un sentiment de lassitude mêlé de fatalité.


Eva Roque pour le programme télé

1965, première campagne pour l’Élysée à 23h45 sur France 3.

Si dans 10 jours, nous allons pouvoir élire le président de la République, c’est parce qu’en 1963, le Général de Gaulle a fait une déclaration à la télévision.

Ce documentaire revient sur les coulisses de cette première élection.
Pendant que De Gaulle, persuadé de gagner haut la main, refuse toute intervention télé, les autres candidats eux, découvrent l’exercice. Et ça ne manque pas de piquant.

La télé, c’est surtout un moyen de séduire. François Mitterrand, l’a très bien compris. Il veut s’adresser aux femmes et pour cela il décide d’enregistrer un message à leur attention.
Sauf que le tournage a duré sept heures, il n’était pas franchement à l’aise devant les caméras.

Il y a deux archives de ce genre. On se surprend à sourire devant l’amateurisme de Mitterrand qui malgré cela va pousser De Gaulle à un second tour.
Entre temps, le général a compris le pouvoir de la télé et impose son charisme à l’écran.
Un documentaire truculent, très bien écrit, avec de l’humour et surtout des archives étonnantes.

Et à bien écouter les candidats, vous verrez les messages n’ont guère changé !


Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

Avec ce choc frontal à la Une du Courrier Picard et une image quasi identique. Une forêt de micros et de journalistes autour des deux finalistes de la présidentielle. Marine Le Pen a bousculé l'agenda pour rendre visite aux Whirlpool, Emmanuel Macron lui a succédé devant l'usine.
Un témoin au banc des accusés dans le Républicain Lorrain. Patrick Dils a été entendu hier dans le procès de Francis Heaulme pour le double meurtre de Montigny les Metz. Une journée difficile pour celui qui a été acquitté dans cette affaire puisque défense et partie civile l'ont à nouveau mis en cause.
17 degrés perdus en moins deux jours. Mais quel temps de chien se désespère la Montagne ce matin. La neige a refait son apparition en Auvergne avec une chute des températures pas vraiment bienvenue pour les vacanciers.

L'histoire du jour nous emmène au Mont St Michel. Mais c'est où le Mont St Michel ?

Département du Mont Saint Michel ? (La Manche) Région du Mont Saint Michel ? (La Normandie). Pas la Bretagne on est d'accord ? Et pourtant, s'indigne la Presse de la Manche, "les Bretons veulent nous prendre le Mont". C'est le maire d'Avranches qui a relancé les hostilités la semaine dernière, dénonçant sur les réseaux sociaux une carte touristique bretonne incluant "la Merveille" dans les immanquables de la région. "Encore une preuve de la volonté pure et simple d'annexer la baie par les communicants bretons". C'est ce qu'a écrit le Maire d'Avranches, s'attirant des commentaires plutôt bienveillants. Sauf qu'au Mont et dans le département, on ne voit pas grand-chose à redire à cette carte datant de 2015. Face à la baisse de la clientèle, tout est bon à prendre pour donner un coup de pouce à la fréquentation : "le touriste étranger, il s'en fiche que le Mont Saint Michel soit en Bretagne ou en Normandie" conclut le responsable du tourisme dans la Manche.