Une taxe à la pompe pour renflouer Alstom

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Xavier Yvon, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé - Vers une nouvelle hausse des prix du carburant (à lire dans Aujourd'hui en France).

Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports l'a reconnu hier. Le gouvernement étudie la possibilité d'une hausse "d'au moins 1 centime, peut-être même deux centimes par litre de carburant" de la TICPE - (anciennement TIPP) - Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Sur un plein c'est 50 centimes de plus. Rappelons que la taxe sur l'essence représente 60 % du prix et rapporte 14 milliards par an. C'est la quatrième recette après la TVA, l'impôt sur le revenu et l’impôt sur les bénéfices.

Une nouvelle un peu louche, soit-disant pour financer L'afitf (Agence de financement des Infrastructures de transport de France), en clair le rail. Les infrastructures ferroviaires, le TGV vers Toulouse et celui vers l'Espagne. Louche car, comme par hasard, en plein affaire Alstom. Alstom qui se plaint du manque d'investissement ferroviaire, et donc, du manque de commande à Belfort.

Un rapprochement que n'hésite pas à faire l'opinion. Un problème ? Une taxe ! On convoque l'automobiliste à sauver Alstom. Payer plus cher l'essence pour financer de nouveaux investissements ferroviaires. Si sur le fond pourquoi pas, tout cela est maquillé derrière des sigles incompréhensibles : "on va relever la TICPE pour financer l'Afitf". En décodant ça donne : on va payer plus cher notre essence pour sauver l'usine Alstom de Belfort ! Matignon doit trancher d'ici la fin du mois. 


Xavier Yvon - A la Une de la presse américaine : Hillary Clinton après son malaise, reprend sa campagne.

Hillary Clinton va finalement reprendre sa campagne demain, après son malaise et sa pneumonie. Toujours sous pression pour être plus transparente mais la presse commence à se dire que ça serait bien d’être aussi exigeant avec son adversaire.

Oui il y aurait en fait deux poids deux mesures : d’un coté Hillary Clinton qui passe en permanence sous le microscope médiatique pour sa fondation, ses e-mails, ou sa santé. De l’autre Donald Trump lui, fait plutôt la Une avec ses provocations. C’est même devenu un argument de campagne d’ailleurs. Barack Obama s’en est servi hier, quand je l’ai vu en meeting à Philadelphie.

Pourtant, le Washington Post a fait le boulot : Trump et ses alliés clament qu’il a donné des "dizaines de millions de dollars" à des œuvres de bienfaisance. OK, allons vérifier s’est dit le journal. Les journalistes ont appelé 236 associations en lien avec Donald Trump et conclusion : ces huit dernières années le milliardaire n'a fait qu'un seul don, de tout juste 10.000 dollars. Bon il a aussi offert son autographe à un lycée...

En fait, selon un porte-parole de Trump, ces "dizaines de millions" auraient été distribuée via la Fondation Trump, l’œuvre de charité du milliardaire. Sauf que le Washington Post a fouillé là aussi et cette fondataion est financée par d’autres donateurs. Trump n’y a rien versé depuis 8 ans. Donc Trump est généreux, mais avec l’argent des autres ! Pire il s’en est servi à des fins personnelles raconte le journal. Il y a des soupçons de corruption d’un juge en Floride et puis il s’est fait des cadeaux aussi : son portrait en peinture, pour 20.000 dollars.

Le procureur de NY vient d’annoncer qu’il allait enquêter après ces révélations. Le plus simple pour éclaircir tout ça serait d’avoir les déclarations d’impôts de Donald Trump, mais voilà il refuse de les publier. Cette pratique est pourtant commune à tous les candidats depuis des décennies, dont Hillary Clinton.


Eva Roques - Focus sur C8 à 21h

Est-ce que parmi vous, certains sont adeptes de fast-food ? Est-ce que vous êtes déjà allé dans un des 200 KFC de France ?

Cette première enquête du nouveau magazine de Guy Lagache pourrait vous dissuader d’y aller. Pour pouvoir comprendre le fonctionnement de cette chaîne de restaurants où on ne mange que du poulet, la journaliste s’est faite embaucher dans un fast food, et a filmé en caméra cachée. Une des séquences fortes se passe en cuisine où le respect des normes d’hygiène ne semble pas être une priorité. Des images immondes montrées à un expert dont le verdict sonne comme une évidence.

Certes, on a déjà vu ce genre de sujets concernant d’autres enseignes. Mais là, vous allez découvrir en plus des cuisines, les modes de management, les exploitations et les abattoirs de poulets. Et vous saurez tout sur le colonel Sanders qui créa cette chaîne dans les années 60. Pompiste de métier, il avait dressé quelques tables dans son appartement situé derrière la station service pour ses clients à qui il servait le plat traditionnel du Kentucky : le poulet frit ! Cette partie historique est d’ailleurs aussi croustillante que les morceaux de poulet servis. Une bonne enquête, avec toutefois un bémol : je ne suis absolument pas fan de l’usage systématique des caméras cachées. Sauf si les images sont ensuite montrées aux responsables pour obtenir une réaction. Ce n’est pas le cas, c’est dommage. Reste que le sujet mérite le détour.


Marion Calais - L'actualité des régions

La Provence qui craint le pire avec les fortes pluies orageuses attendues aujourd'hui. Il pourrait tomber l'équivalent d'un mois de précipitation en quelques heures. Paris Normandie de son côté révèle la garde à vue du géant du bar de Rouen dans lequel 14 personnes ont péri lors d'un incendie. On apprenait la semaine dernière que l'issue de secours était fermée. Dans le Courrier Picard, des difficultés de fêter l'Aïd el Kebir. Dans la région, seuls deux abattoirs accueillent les musulmans pour tuer les moutons. Autrement, il faut aller dans le Nord ou en Ile de France.

Deux mois après l'attentat de Nice, des blessures toujours à vif, à lire dans Nice Matin.

C'est ainsi que les services de psychiatrie des hôpitaux publics de la ville continuent de voir affluer des personnes en souffrance. Images du drame qui ressurgissent, hypervigilance, crainte des transports en commun ou d'un retour sur la promenade des anglais. Les symptômes sont connus, ça s'appelle le stress post-traumatique. Jusque là, ces gens pensaient qu'avec les vacances, tout irait mieux. Par pudeur, ils se disaient "je ne suis pas bien mais d'autres sont dans un pire état". Avec la reprise, ils réalisent qu'ils ont besoin d'aide. Face à cet afflux, le responsable du service de psychiatrie de l'hôpital Pasteur 2 demande des moyens humains supplémentaires. Le professeur Benoit s'inquiète de voir partir d'ici la fin de la semaine les renforts de la réserve d'aide nationale. Il sera impossible, selon lui, de faire face au suivi de tous les patients avec les moyens habituels. Il en appelle donc ce matin au ministère de la Santé pour qu'il envoie des renforts