Un dernier débat sans relief avant un premier tour à suspense

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Axel de Tarlé, Xavier Yvon, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Ce matin, Aujourd’hui en France se risque à poser "la" question à laquelle en fait nous n'aurons la réponse que dimanche soir : "Qui est le vainqueur des débats" ?
Alors voilà les qualificatifs collés à chacun : Copé : "Marginal", Sarkozy : "Défensif", Juppé : "Terne", NKM "Battante" puisque c'est elle qui décroche la meilleure note avec un 7/10, Poisson : "Absent", Fillon "Prudent", Le Maire, "Pugnace".

Le Figaro n'a pas été emballé-emballé par la prestation des sept hier soir et titre "Un dernier débat sans relief avant un 1er tour à suspense". "Comme si les candidats ne voulaient prendre aucun risque" estime le quotidien.

En attendant, cette fois, "L’heure du choix" comme le titre La Croix.

Ce sont exactement les mêmes mots que vous retrouverez en Une de Direct Matin.

Cet aéropage de candidatures que 20 Minutes appelle, en Une, "la droite plurielle". Le gratuit qui pointe ce qui les distingue, jouant en quelque sorte "au jeu des sept différences".

Focus sur les programmes aussi pour Libération dont la conclusion s'affiche à la Une. C'est "La grande régression !".

Et pendant ce temps, pendant ce temps, "Hollande est de plus en plus seul en son palais" nous raconte Le Monde.

L'annonce de la candidature de Macron et les manœuvres de Valls déstabilisent l'entourage du chef de l'État. "Deux obstacles de taille que le chef de l'État ne s'attendait pas à trouver sur sa route": "Ne compte pas sur moi pour attendre d'être mis au pied du mur quand tu te décideras à la dernière minute", lui a dit, glacial, Manuel Valls, lors de leur dernier tête à tête.

François Hollande "suspendu entre deux courbes" nous dit Libération. On sait qu'il lie sa candidature à l'inversion du chômage. Sauf "qu'entre les chiffres de l'Insee et ceux de Pôle Emploi, il y a une différence de 400.000 chômeurs".
Finalement les courbes, c'est comme les sondages, on leur fait dire ce que l'on veut, à peu près tout et son contraire !


Axel de Tarlé pour l'économie

Portrait-robot du petit patron : Combien gagne-t-il ? Quel est son temps de travail ? Prend-il des vacances ? C’est à lire sur le Figaro.fr.

Être patron de PME ou TPE (très petite entreprise), ça n’a rien à voir avec les stars du CAC 40.
Leur revenu ne s’élève au maximum qu’à 4.200 euros net/mois alors qu’il travaille 47 heures par semaine, très loin donc des 35 heures.
Si on calcule leur salaire en fonction de leurs heures effectuées, on obtient seulement 3.100 euros par mois.

C’est le même système pour les vacances. Les patrons de PME ou de TPE n’ont, en moyenne, que 19 jours par an, soit la moitié moins qu'un cadre dans un groupe qui se repose environ 40 jours par an.

Le tout avec à la clé, comme on l'imagine, pas mal de tracasseries qui pleuvent en escadrille.
Il y a la paperasse administratives comme la TVA ou les déclarations qui prennent, en moyenne, quatre heures par semaine. Beaucoup sont d’ailleurs contraints de se faire aider.
Il leur faut également relancer les clients qui ne paient pas, ce qui prend environ une heure par semaine.

Ce n’est donc pas facile d’être patron d’une PME ou d’une TPE. C'est d’ailleurs ce qui avait faire dire à Emmanuel Macron et qui avait choqué tout le monde :
"la vie d’un entrepreneur, elle est bien souvent plus dure que celle d’un salarié, il ne faut jamais l’oublier ".


Eva Roque pour le programme télé

Carole Matthieu à 20h50 sur Arte.

Dans la société de vente par téléphone, Melidem, les salariés sont sous pression, les managers brutaux.

Il y a des suicides, un meurtre et au milieu, une médecin du travail un peu bordeline, avec Carole Matthieu qui voudrait sauver tout le monde et qui passe son temps à entendre ce genre de choses.
Dans sa vie privée, ce n’est pas mieux. Sa fille lui reproche notamment de trop se préoccuper de ses salariés.

Dans le rôle de Carole Matthieu, une Isabelle Adjani magistrale.
Pour sa seule prestation, ce film mérite l’attention et notamment la première scène.
Le réalisateur Louis-Julien Petit parvient à aborder le thème difficile du harcèlement au travail en construisant un thriller haletant.
C’est une adaptation d’un roman Les visages écrasés de Marin Ledun qui fut salarié chez Orange en plein malaise sociale.

Seule réserve concernant le film, la mise en scène qui peut être parfois un peu trop sophistiquée.

Et chose rare, c’est la 2e fois en l’occurrence pour un long-métrage porté par Isabelle Adjani qu’après cette diffusion télé, le film sortira au cinéma le 7 décembre.


Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

À l'approche de la présidentielle, le rush dans les mairies. Plus qu'un mois et demi pour s'inscrire sur les listes électorales. En Gironde, l'afflux se fait sentir écrit Sud Ouest.
Le Courrier Picard s'inquiète de la menace des canards grippés. Des cas de grippe aviaire ont été signalés dans des pays frontaliers. Les zones de passage des oiseaux migrateurs sont sous surveillance.
Dans la Charente Libre, un cabinet médical, qui reçoit 200 appels par jour, privé de téléphone. Orange a coupé la ligne à cause d'une facture impayée de 7.000 euros. Une facture liée à un piratage, que les médecins refusent de payer.

L'histoire du jour fait la Une du Républicain Lorrain qui a recueilli des témoignages très forts de soldats.

Des militaires qui ont été déployés en Centrafrique, huit régiments lorrains ont été engagés dans Sangaris. Aujourd'hui, ils sont revenus en France, profondément marqués par cette opération extérieure. D'ailleurs, un gradé l'assure : "au retour, la moitié de sa section a quitté l'armée". Et un colonel d'ajouter : "les syndromes de stress post-traumatiques sont plus profonds et plus importants qu'en Afghanistan". "On a affaire à l'horreur tous les jours". Des exactions d'une rare sauvagerie, pouvant aller jusqu'au cannibalisme. Ajouter à ça, un déploiement constant en zone urbaine, au cœur de la population et le manque de reconnaissance en France : "les soldats ont mis leur vie en jeu là-bas, et quand ils rentrent, personne ne sait ce qu'ils y ont fait."
Indignation d'un colonel qui s'en prend aux médias qui n'ont parler, selon lui, que des abus sexuels encore en cours d'instruction. Eux se disent fiers, à l'image d'un caporal-chef de 24 ans : "notre présence a permis d'empêcher un génocide majeur".