Quand les faucons prennent l'avion

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

>> Dans la presse étrangère : des faucons prennent l'avion

On s’arrête sur une photo très étonnante prise à l’intérieur d’un avion de la compagnie Qatar Airways, et publiée par le Huffington Post.

Le site titre : "Voici une manière de voler, sous les cieux des plus amicaux, avec un prince saoudien". Dis comme ça, c’est un peu énigmatique. Quant à la version française du site d’information, elle évoque avec humour "un avion à 162 ailes" Voici le calcul : 2 ailes pour l’avion, et une paire d’ailes pour chacun des...80 faucons qui voyagent sur ce vol.

Sur un vol commercial, depuis l'arrière de la cabine prise de l’arrière de la cabine, on peut voir dépasser des sièges des keffiehs rouge et blanc et des dizaines de faucons, qui occupent des places. Enfin ils sont plutôt debout sur des petites tablettes, avec des caches en cuir sur les yeux pour ne pas s’énerver. On comprend sur l’image que les personnes en keffiehs sont les fauconniers et au fond, dans les allées, deux stewarts imperturbables font les démonstrations de sécurité. Cette photo a été postée par le commandant à un ami, qui l’a mise sur Reddit.

On imagine que le prince saoudien a payé pour les places de ses 80 faucons. D’ailleurs chacun de ces oiseaux de proie a un passeport en bonne et due forme, valable trois ans (sans photo ). C’est obligatoire depuis quinze ans, notamment pour lutter contre le trafic, le commerce illégal de ces faucons, qui peuvent valoir jusqu’à 1 million de dollars ! Le Huffington  renvoie vers 2 articles de Gulf News et Atlas Obscura, qui expliquent tout ça : entre 2002 et 2013, plus de 28 000 passeports ont été émis.

Dans les Emirats, la fauconnerie est un sport très populaire, il y a des courses, des festivals… et donc, pour se rendre sur les lieux de concours, on met son équipe au complet dans un avion. D’ailleurs il existe une page dédiée, "transport de faucon", sur le site de la compagnie Qatar Airways.



>> Dans la presse nationale

Ce matin, tout tourne (encore) autour de François Fillon.

Il y a ceux qui ne prennent pas de risque : "Présidentielle, tout est possible" titre ainsi Direct Matin. "Les cartes rebattues pour la présidentielle" en une des Echos. Plus engagés : Le Figaro : "Dans la tourmente, Fillon accuse le pouvoir" ; La Croix : "François Fillon : l'épreuve". 20 Minutes : "Et si ce n'était pas lui ?", avec en pages intérieures, une question : "Si Fillon tombe à l'eau, qui reste à flot ?"

Ça continue en une d'Aujourd'hui en France : "Panique à droite" ; de L'Opinion : "Fillon : la droite balance" ;  de Libération : "Jusqu'à quand ?". Et il y a Paris Match avec une Une qui ressemble vraiment à de la communication politique à l'ancienne : Pénélope et François Fillon posent ensemble. Avec ce titre qu'on croirait tout droit sorti d'un roman Harlequin : "36 ans d'amour. Ensemble, ils contre attaquent". Il y a même le témoignage de la voisine : "Ils ont la même voiture depuis 20 ans. Pas de personnel pour servir à table. Ce sont des gens simples".

Et "Pendant ce temps-là Sarkozy" - c'est le titre d'un article d'Aujourd'hui en France - "Il n'a pas du tout décroché", avoue un de ses fidèles. En petit comité, l'ex président se fait grinçant sur son ancien Premier ministre : "Et il dit quoi le Général De Gaulle ?" (allusion à la tirade vacharde de Fillon, quand il avait dit en août "vous imaginez le Général de Gaulle mis en examen ?) "Il glousse de plaisir" sourit un visiteur. "Il s'en mêle trop, il parle trop. Ça balance trop", s'inquiète un autre élu. Quant à envisager un retour ? Officiellement, c'est hors de question. "Il ne l'exclut pas. Je pense qu'il se dit qu'il y a un petit trou de souris "tempère un ténor en contact étroit avec lui".

Il est aussi question de "campagne" en une de L'Equipe : "Le plus beau des paris". A 200 jours d'une autre élection, celle qui désignera la ville choisie pour les JO 2024. Cette campagne-là, pour le coup, donne vraiment envie !


>> Trois une de la presse quotidienne

C'est une adresse dont on a beaucoup parlé ces dernières heures : baroin2017.fr. Mais c'est pas le maire de Troyes - évoqué comme plan B en cas de désistement de François Fillon - qui l'a déposée, assure Presse Océan. C'est une agence de communication de Saint-Nazaire qui travaille pour les Républicains qui s'en est chargé.

Dans Ouest France, les croquettes créent de l'emploi. Dans le Calvados, La Normandie, qui fabrique des aliments pour chiens et chats, est passée de 6 à 600 salariés en 25 ans. La demande est telle que 150 embauches supplémentaires sont prévues.

Presque un remake des Oiseaux, le film d'Hitchcock, dans la Provence, avec le témoignage d'un charpentier attaqué par un goéland à Marseille. "Il m'a déchiré le jean". Face aux plaintes qui se multiplient, le préfet renouvelle l'arrêté autorisant leur euthanasie.



>> L'histoire du jour, c'est "le bonheur est dans la boîte" 

Est-ce que l'acronyme "QVT" vous dit quelque chose ? C'est la qualité de vie au travail, sur laquelle commencent à miser un certain nombre de sociétés. Illustration dans le Courrier de l'Ouest, dans les Deux-Sèvres au sein de deux entreprises qui chacune à leur façon tentent de faciliter la vie de leurs salariés.

Chez Body Nature, laboratoire installé près de Bressuire, tous ceux qui travaillent dans les bureaux ont le choix des horaires. Chacun s'organise comme il l'entend. A la MAIF, à Niort, une conciergerie a été mise en place en mai 2016. Trouver une femme de ménage, un artisan en urgence quand la chaudière a lâché au milieu de la nuit, emmener les vêtements au pressing ou envoyer des colis... Le concierge travaille pour ses collègues. Et si certains, raconte-t-il, ne voyaient pas au départ l'intérêt, ces petits riens, dit-on du côté de la MAIF, visent à soulager le salarié de ses préoccupations personnelles. A l'heure actuelle, c'est une expérimentation menée dans six centres de la mutuelle. Bilan fin 2017.



A la télé jeudi soir : Envoyé Spécial sur France 2 à 21h. Les sœurs : les femmes cachées du djihad

C'est un documentaire choc pour tenter de comprendre qui sont ces femmes françaises que l’on appelle les sœurs. De jeunes femmes parties en Syrie ou prêtes à commettre des attentats en France. Comme Iman, 19 ans. En  2014, elle est embrigadée via Facebook. Avant de passer à l’acte dans un quartier juif de Lyon. Elle est arrêtée.

Il a fallu un an d’enquête pour recueillir ce type de témoignages, ceux de femmes revenues de Syrie, de parents désemparés sans nouvelle de leurs enfants. Mais la force du reportage tient surtout aux contacts établis avec des recruteurs, dont Rachid Kassim, un Français lié à l’assassinat du couple de policiers de Magnanville et celui du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray. Deux journalistes se sont faites passées pour des candidates au djihad via les réseaux sociaux.

Les femmes de plus en plus actives dans les attaques, certaines fragiles psychologiquement, d’autres extrêmement déterminées. Les témoignages sont glaçants. On comprend surtout la diversité des profils de ces combattantes. Et donc la difficulté à les appréhender.

Un travail d’enquête remarquable qui évite toute sensationnalisme, qui est signé Marina Ladous, Roméo Langlois et Etienne Huver. A revoir sur les antennes de France 24 dans un autre version avant une déclinaison en web documentaire sur le site de France 24 et de Slate.