Présidentielle : tout n'est pas encore joué !

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Jean-Philippe Balasse, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Ce matin, Aujourd’hui en France nous rappelle une évidence.

Alors que tant de commentateurs tirent déjà les conclusions d'un match qui n'a pas encore eu lieu : "Présidentielle : Non, tout n'est pas encore joué !".

"Ne rien lâcher" poursuit Libération.
"De Macron qui s'y voit déjà, à une partie de la gauche, qui refuse de choisir, le barrage anti-Le Pen s'annonce moins solide qu'en 2002" s'inquiète le quotidien.

Plus factuel, Les Échos titrent "Macron-Le Pen : les clefs d'un combat inédit".

Pour L'Opinion, c'est d'abord leur vision de l'Europe qui distingue les deux candidats, d'où cette Une : "Revoilà la fracture européenne".

"L'onde de choc Macron frappe la droite et la gauche" constate Le Figaro.

Quand 20 Minutes titre "La gauche a la tête à l'envers".

En page intérieure, le gratuit nous en apprend une belle : "Chirac a donné sa voix à Mélenchon !".
Pas Jacques, mais Chirac la commune charentaise de 750 habitants, qui a donc voté, à 28.5% pour le candidat de la France insoumise.

Beaucoup de journaux sont interpellés par "le silence de Mélenchon sur le FN" comme l'écrit Libération.

Et c'est le média Brut qui nous rappelle, en un court extrait sonore, qu'en 2002, le candidat était beaucoup plus clair.

Cet entre-deux tours sera marqué par un débat, le 3 mai.

Sauf que ce soir-là, à la même heure, il y aura aussi la demi- finale de la ligue des champions, entre Monaco et la Juventus de Turin, a remarqué Aujourd’hui en France.
Ce sera donc "la passion du sport contre la conscience citoyenne" résume le journal qui titre son article : "Changez le soir du débat ! ".
"C'est un drame skakespearien,voire une tragédie grecque" réagit Dany Cohn Bendit qui aime sans doute encore plus le foot qu'Emmanuel Macron. Il a donc trouvé la solution : "Je vais mettre le match sur ma télé sans le son et le débat sur mon ordinateur. Après tout, on peut se passer des commentaires d'un match et de l'image d'un rendez-vous politique".


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

Notre élection présidentielle est extrêmement commentée à l’étranger et donc dans la presse étrangère. Chez nos partenaires européens, mais pas seulement…

Les médias américains ont aussi suivi le scrutin, les photos des deux vainqueurs du premier tour se retrouvant même en Une de certains grands journaux comme le New York Times. Et dans ce quotidien, on retiendra surtout l’analyse de Roger Cohen avec ce titre en forme d’injonction bienveillante : "Travaillez M. Macron, travaillez !". "Le plus grand danger, écrit l’éditorialiste, serait de croire que le triomphe au second tour est inévitable. Il ne l’est pas". "Le pire ennemi d’Emmanuel Macron serait l’arrogance", prévient Roger Cohen, qui rappelle qu’Hillary Clinton avait négligé les raisons de la popularité de Bernie Sanders et estime que Macron, lui, devra prendre en considération le "facteur Mélanchon".

Pas mal de commentateurs étrangers pointent cette confiance, peut-être excessive, affichée par le candidat d’En Marche.

Cette attitude très assurée fait notamment réagir la presse russe : "Président moins deux semaines", titre le quotidien d'affaires Kommersant, au-dessus d’une photo de Macron qui jubile. D’ailleurs, ce journal notait hier une "victoire morale de la Russie" dans la mesure où trois des quatre candidats arrivés devant dimanche étaient partisans d’un rapprochement avec Moscou (Le Pen, Fillon et Mélenchon).

La presse russe est-elle globalement favorable à Marine Le Pen ?

Oui, elle ne s’en cache pas et développe d’ailleurs les mêmes arguments que le Front Nationale : Macron serait l’homme "de la mondialisation, sponsorisé par les grands capitaux", estime un site proche du Kremlin. "En le choisissant, la France se soumettrait à l’Allemagne", dont elle devrait suivre docilement la ligne en Europe. Le quotidien pro-gouvernement Rossiyskaya Gazeta cite des experts, qui pensent que Marine Le Pen a ses chances en s’attaquant aux points faibles de Macron. Ce candidat "faiblard", peut-on lire dans un autre article, des propos attribués à la candidate d’extrême-droite.

Le peu d’enthousiasme a gagné aussi le quotidien russe d'opposition.

Novaya Gazeta, qui a titré : "Emmanuel Macron : La France n'a pas pu faire mieux". Le quotidien en fait un portrait peu flatteur : son "défaut incontestable : personne ne sait de quoi il est capable". Sa "qualité incontestable : c'est le seul candidat qui a une chance de devenir président sans avoir eu le temps d'entacher sa réputation".


Eva Roque pour le programme télé

Alex Lutz sur scène, formule enrichie à 20h50 sur Cstars.

Catherine et Liliane, les deux secrétaires du programme court de Canal+ sont heureuse. Ce soir, elles sortent !
Catherine, alias Alex Lutz, que vous allez découvrir dans son one-man-show qu’il joue avec succès depuis plus de trois ans.
Une galerie de personnages truculents et des souvenirs plus personnels comme quand il raconte à quel point, enfant, il était naïf .

Il y a du Pierre Palmade chez Alex Lutz avec encore plus d’énergie, et plus de rythme.
Il transpire, parle avec un débit de mitraillette, danse, multiplie les mimiques et joue avec le public à qui il fait répéter une petite phrase.

Du très bon one-man-show grâce à l’écriture d’Alex Lutz évidemment mais surtout par son jeu d’acteur.
Impressionnant dans sa façon d’occuper la scène et de se mouvoir.
C’est fin, jamais vulgaire et très souvent absurde. Il appuie sur nos petites manies et s’amuse de digressions.

Un spectacle à déguster avec notamment la venue d’un invité surprise.


Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

Avec ce bilan du premier tour dans la région de Chalons dans le Journal de Saône-et-Loire. C'est "Macron des villes et le Pen des champs", l'opposition de deux France : l'une oubliée, l'autre qui a su prendre le virage de la mondialisation.
C'est rare : une bonne nouvelle pour la sidérurgie. Un investissement de 31 millions d'euros sur le site Arcelor-Mittal de Dunkerque. C'est à la Une de la Voix du nord. Le géant de l'acier veut développer son offre pour ses clients constructeurs automobiles.
Un déjeuner qui passe mal dans le Bien Public. C'était le lundi de Pâques, il s'est terminé à l'hôpital. Le risotto surgelé contenait une vis d'au moins deux centimètres. Une plainte a été déposée.
 
L'histoire du jour c'est un peu de bienveillance dans ce monde de brutes.

Et c'est tous les jours à 9h45 depuis le mois d'octobre. À cette heure-là, le centre du village du Faou, dans le Finistère, se calme. Pelle, rouleau, tracteur sur le chantier de la place principale s'arrêtent car une vieille dame vient de pointer le bout de son nez. Elle s'appelle Fernande, elle a 81 ans. Et tous les matins, elle apporte le petit-déjeuner aux ouvriers du chantier. "j'avais pitié de les voir travailler alors qu'il faisait un froid de canard" confie-t-elle. Depuis l'automne donc, la voici apparaitre avec son petit panier pour transporter crêpes, chocolat et café. Et pas question de refuser. Les ouvriers, elle, les tutoie même désormais, les interpelle même quand ils mettent trop de temps à arriver. Elle qui a géré une ferme pendant 30 ans, travaillé à l'usine pendant 10 autres dit connaitre la dureté du métier. "Je n'aimais pas les voir travailler toute la journée aussi durement". Aujourd'hui, celle qui se surnomme la mère Theresa des chantiers a quand même revu un peu son rythme à la baisse. Avant, elle amenait aussi le goûter, ça faisait huit cafetières par jour. Aujourd'hui, elle se contente du petit déjeuner.