Les juppéistes et la gauche se déchaînent contre Fillon

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Axel de Tarlé, Xavier Yvon, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

On va commencer par le premier tour de la primaire vu par Le Canard Enchainé : "Après avoir éliminé le roi du Karcher, Fillon : "Moi je vais nettoyer la France au Thatcher".
Le Canard qui affirme que sur l'IVG, "Fillon accouche de contradictions" et rappelle qu'en 2014, à l'occasion du 40e anniversaire de la "Loi Veil", le député avait voté un texte "réaffirmant le droit universel des femmes à disposer librement de leurs corps", à l'époque, seuls 27 députés de droite et du centre avaient voté pour.

Aujourd'hui, donc, le même Fillon séduit Henry de Lesquen, le président de Radio Courtoisie, "militant de l'ultradroite catholique, identitaire, xénophobe et homophobe". Celui-là même qui, le 27 avril dernier écrivait sur Twitter "Je suis émerveillé de la longévité des "rescapés de la Shoah, morts à plus de 90 ans : ont-ils vécu toutes les horreurs qu'ils ont racontées ?.

Ultra conservateur, Valeurs Actuelles se réjouit cette semaine de voir Fillon "Déjà Président". Soulignant, de ce fait, "le triomphe de la droite des valeurs".

Le Figaro, lui, met Juppé et la gauche dans le même sac, en Une : "Les juppéistes et la gauche se déchaînent contre Fillon".

Alain Juppé répond dans 20 Minutes : "L'important, c'est d'être un vrai dur".

Le Figaro qui nous apprend, au passage, que "François Hollande peaufine sa stratégie et son calendrier, avec Valls en embuscade". "Y aller ou pas", un de ses proches affirme qu'il a pris sa décision et "ne devrait pas tarder à se dévoiler au lendemain du second tour de la primaire".

La politique "ailleurs".

C'est Donald Trump et "les mâles du président" qui font la Une de Libération :"il est en train de se constituer une équipe tout aussi extrémiste et sexiste que lui".

Alors que l'on a jamais autant parlé de Margaret Thatcher, La Croix, qui se demande si "La Grande-Bretagne est encore libérale".

Ou encore Direct Matin qui s'inquiète, en Turquie, des "Dérives d'Erdogan".


Axel de Tarlé pour l'économie

"Vinci s'écroule en Bourse, victime d'un faux communiqué de presse", c’est à lire dans Les Échos.

C’est une histoire incroyable dont a été victime Vinci, le géant du BTP.

Vers 16 Heures, différentes rédactions reçoivent un communiqué alarmant du groupe Vinci, expliquant qu'un audit interne avait révélé une énorme fraude comptable de 3,5 milliards d'euros. Le groupe annonce des pertes énormes et le licenciement du directeur financier, Christian Labayrie.

Un faux communiqué crédible rapportant des citations du PDG de Vinci, Xavier Huillard, sur la nécessité de "respecter les plus hauts standards éthiques dans la conduite des affaires du groupe".

Avec en bas, pour un "savoir plus", le nom du vrai responsable presse.

Seul le numéro de téléphone était faux puisque vous tombiez sur une personne dans la combine, qui confirmait la fraude comptable.

À 16h05, l’agence Bloomberg publie donc une dépêche, annonçant la mauvaise nouvelle.

La réaction est immédiate et on assiste à une chute impressionnant de 18% de l'action. Alors que le groupe est à la tête de 35 milliards en bourse, sept milliards sont partis en fumée.

À 16h44, un démenti, encore faux démenti, émanant du même groupe, est publié.

Le vrai démenti interviendra, lui, à 17h02.

Qui a fait le coup ?

C’est un grand mystère.

Pourquoi pas une organisation mafieuse, qui a voulu faire un coup de bourse en achetant à la baisse, ce qui pourrait expliquer pourquoi il y a eu un faux communiqué.

Notre-Dame-des-Landes a revendiqué le coup sauf que le texte est truffé de fautes d'orthographe, ce qui tranche avec la qualité de l'opération puisqu’il n’y avait pas de faute dans le faux communiqué.

"La forêt de notre-dame-des-landes a elle même sentie le béton reculer et ces occupants ont fêté se nouveau coup porté directement dans la bourse de ce monstre de béton"

Ça reste mystérieux.

Certains se demandent si ce n'est pas le collectif contre "l'esclavage au Qatar" qui est à la manoeuvre. 

Vinci a évidement saisi les autorités des marchés financiers.


Eva Roque pour le programme télé

Pièce à conviction à 23h30 sur France 3.

Cette enquête nous embarque dans une zone de stockage de 60.000m2 à Genève, le port franc.
Ici, sont conservés des grands crus, on parle de trois millions de bouteilles, de l’or et beaucoup d’œuvres d’art. On dit d’ailleurs que se cache dans ces entrepôts, le plus grand musée du monde.
L’équipe de journaliste a réussi à y entrer. Elle se retrouve devant un Modigliani destinée à une exposition.

De la confidentialité et beaucoup d’opacité dans cette zone douanière d’exception qui donne lieu à tous les trafics et autre blanchiment d’argent.
Parmi les histoires évoquées, le journaliste Pascal Henry se penche sur une autre toile de Modigliani spoliée à un marchand d’art juif pendant la guerre et recherchée par un détective privé canadien.
Après des années d’enquête, le tableau a été retrouvé cet été lors d’une perquisition dans un stock du port franc détenu par une famille de marchands d’art, les Nahmad comme l’explique le détective.

On s’attend à un documentaire très économique et complexe. En fait, c’est une sorte de polar combiné à un film sur l’histoire de l’art.
On navigue d’un Picasso à une sculpture de Rodin, d’un paradis fiscal des îles Caïman à une galerie parisienne.
Avec ce port franc au milieu, lieu de tous les secrets. C’est fascinant !
À voir en replay évidemment.


Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale

Les effets du démantèlement de la jungle de Calais sur l'activité du port. Quasiment 9% de hausse selon Nord Littoral, le trafic repart tout particulièrement la nuit.

À Strasbourg, choc à la maternelle après l'arrestation d'un agent périscolaire dans une enquête antiterroriste. Une réunion a permis hier aux parents d'exprimer leurs inquiétudes.

Un enfant condamné à quitter ses parents, c'est dans l'Est Républicain. L'enfant en question a 50 ans. Il y a plus d'un an, il avait violenté son père de 89 ans.

L'histoire du jour est celle du "pari fou" d’Yvan Bourgnon comme le titre Presse Océan.

Et il n'en est pas à son coup d'essai. Après son tour du monde en solitaire, sans assistance et sans GPS, Yvan Bourgnon veut construire un bateau géant pour récupérer les déchets plastiques qui flottent en mer. D'ailleurs, c'est ce tour du monde qui l'a alerté. "il y a 33 ans, enfant, j'avais fait mon premier tour du monde avec mes parents, il n'y avait aucun plastique en mer, dit-il. L'an dernier, je suis repassé dans les mêmes zones, c'est un désastre". Le navigateur a donc crée une association The Sea Cleaners. Il s'est entouré de pointure dans la lutte contre la pollution, dans l'architecture navale. Pour imaginer un quadrimaran qui mesurera 60 mètres de long, 49 mètres de large, 72 mètres même quand les filets seront déployés. Avec un réseau de tapis roulants pour stocker 150 tonnes de déchets dans des cuves. Un projet à plusieurs millions d'euros. Yvan Bourgnon prédit au moins trois ans de collecte de fonds. Pour l'instant, il compte sur le soutien des particuliers. Une cagnotte a été ouverte sur le site de financement participatif Kiss Kiss Bank Bank jusqu'à mi-décembre.