Le discours d'Edouard Philippe passé à la loupe des éditorialistes

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

Le Kiosque d'Europe 1 et toutes ses plumes avec Marion Calais pour les régions, Sophie Larmoyer pour l'international et Eva Roque devant la télé. Bonjour à toutes !

Ce matin, c'est Edouard Superstar dans la presse. Le Premier ministre rebaptisé "Edouard Filou" en une de Libération "Il a fait dans le concret lors de sa déclaration de politique générale et a su être habile en enrobant les mesures d'austérité"

Aujourd'hui en France titre "Les 12 travaux d'Edouard". Ça continue avec L'Opinion : "Edouard Philippe, chef de chantier, mains dans le cambouis". Kak l'a dessiné à la tribune. Et le Premier ministre de déclarer : "Notre route est droite, mais la caisse est vide" !

Le discours résumé par L'Humanité, ça donne "L'austérité pour ceux qui ne sont rien, les cadeaux pour ceux qui ont tout". "Le chef de l'Etat plonge, le Premier ministre rame" titre Le Canard enchaîné.

C'est plus feutré, en une des Echos: "Impôts, réformes : la prudence l'emporte", du monde : "Macron fixe le cap, Philippe le contenu", ou de Cnews matin : "Edouard Philippe à la manœuvre".

Plus anglé en une de de La Croix : "Le climat n'attend pas", "Hier, constate le journal, le Premier ministre a confirmé les promesses faites en matière de transition écologique. Mais avant le G20 à Hambourg, Laurence Tubiana (qui avait négocié l'accord de la COP 21) appelle à plus d'ambition ! Sur le site Le Lab, vous trouverez un papier titré "Les 5 moments du discours d'Edouard Philippe qui vous ont peut-être échappé". Ainsi a-t-il glissé discrètement du Bob Dylan : "Combien de fois un homme peut-il tourner la tête en prétendant qu'il ne voit pas" (une citation extraite de "Blowing in the wind"). Il a aussi glissé, curieusement, le mot "autruche" dans son discours. "L'autruche est sans doute un animal sympathique mesdames et messieurs les députés, mais mettre sa tête dans le sable n'a jamais préparé personne à affronter l'avenir". Du coup, un journaliste de L'Express, Alex Sulzer, s'en amuse et s'interroge sur Twitter : "Qui, de Gilles Boyer ou de Thierry Solère a parié avec Edouard Philippe qu'il n'était pas cap de mettre le mot "autruche" dans son discours". 

En marge de la politique, L'Express se demande "ce qu'il se passait en France l'année de la naissance d'Emmanuel Macron ? (en 1977). Je vous cite juste deux films sortis cette année-là. "Marche pas sur mes lacets" (qu'on pourrait sous-titrer "t'as compris Edouard ?"). Ou encore "Mieux vaut être riche et bien portant que fauché et mal foutu". Ça aurait pu être l'édito de l'Huma ce matin.


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Dans la presse internationale ces derniers jours, un étrange démenti de la Nasa sur un supposé trafic d’enfants sur Mars

Eh non, vous ne rêvez pas, voici le titre de cet article du Daily Beast, le site d’info américain qui a obtenu cette réaction de l’agence spatiale : "La Nasa dément avoir installé une colonie d’enfants-esclaves sur Mars".

Mais qui fallait-il démentir ? D’où vient cette fausse info, "fake news" ?

D’un personnage d’extrême droite bien connu : il s’appelle Alex Jones, fondateur du site InfoWars, il a aussi une chaîne Youtube et sa spécialité, ce sont les thèses conspirationnistes. Jeudi dernier, dans son émission, il recevait un certain David Steele, présenté comme un ancien agent secret et la discussion entre les deux hommes est assez surréaliste. "Nous pensons, dit Steele, qu’il existe sur Mars une colonie, peuplée d’enfants kidnappés et envoyés dans l’espace pour un trajet de 20 ans." Et une fois sur Mars, ils deviendraient des esclaves, donc. "C’est pour ça que la Nasa ne veut pas qu’on voit ce qui s’y passe", renchérit l’autre "à chaque fois qu’une sonde va là-bas, ils la coupent". Et donc, effectivement, la Nasa a répondu en affirmant qu’il n’y "avait pas d’humain sur Mars" !

On se demande finalement pourquoi la Nasa n’a pas traité ça par le mépris. Des conspirationnistes qui disent de grosses bêtises, il y en a beaucoup !

C’est vrai, pourquoi se donner la peine de démentir un trafic d’enfants sur une planète qui est à 76 millions de kms et où la température moyenne est à moins 81 degrés ? C’est la question ironique que pose aussi le Washington Post, mais voilà sa réponse : le site d’Alex Jones fait entre 4 et 5 millions de pages vue par mois, sa chaine Youtube compte plus de deux millions d’abonnés et son émission est retransmise sur 118 radios dans tout le pays. Il a des millions d’auditeurs. Le site américain Slate rappelle aussi qu’InfoWar est un media "approuvé par Trump".

Fin 2015, Jones avait reçu le candidat républicain pour une grande interview, Trump avait salué la "réputation incroyable" du complotiste. En mai dernier un "reporter" du site (avec toutes les guillemets possibles) obtenait une accréditation pour assister aux briefings de la Maison Blanche. C’est le grand mélange des genres, où les inventions abracadabrantesques se mêlent aux infos, les vraies. La Nasa a dû estimer que ce contexte valait bien un petit démenti.


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Eva Roque – La belle vie – France 3 – 23.30

Coup de cœur pour ce documentaire programmé bien tard. La réalisatrice Marion Gervais a filmé pendant plusieurs semaines des adolescents qui vivent dans la campagne bretonne. Avec sweat à capuche et les pieds collés à leur skate. Ils dévalent les routes qui coupent les champs en deux, et parlent de la vie. Des concours de plongeons en bord de mer, des cabanes dans les bois, et des heures à glander au skatepark où ils s’organisent des barbecues, boivent des panachés comme des bières. Et mettent l’amitié au-dessus de tout. Ça paraît tellement simple de filmer des ados. Et pourtant, tout l’art de la réalisatrice est de choisir ses témoins évidemment mais surtout de savoir recueillir leurs paroles. De raconter une histoire qui ait du sens pour ces garçons qui entrent dans l’âge adulte et pour nous téléspectateurs qui découvrons leur quotidien.

Ce documentaire est un petit bijou, particulièrement bien filmé – la lumière et les cadrages sont remarquables – comme s’il s’agissait d’un long métrage pour le ciné. Avec des personnages auxquels on s’attache et qu’on aimerait suivre encore longtemps. Ils ont la belle vie et on rêve de leur insouciance d’adolescent.


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Marion Calais


Les adieux de Midi Libre à celui qui se voit qualifié de seigneur. Cahier spécial consacré aux obsèques de Louis Nicollin. Environ 2.000 personnes ont assisté hier à ce dernier hommage à la figure locale, patron du club de foot de Montpellier. Nice Matin de son côté met un trou béant à la Une, six mètres de diamètre, 1m50 de profondeur. En plein milieu d'une rue de Nice. L'effondrement a été provoqué par le passage d'un tunnelier qui prépare un souterrain pour le tramway. Il a été aussitôt rebouché. Vosges Matin se fait plaisir : Arnaud Démare, au quart de Tour ! 1ère victoire française lors d'un sprint massif depuis 2006. C'était hier à Vittel.

L'histoire du jour nous renvoie à nos responsabilités, à notre manque de citoyenneté (bref, les baigneurs sont des cochons)


On a été sensibilisé pourtant ces dernières années. Mais apparemment, le message a du mal à passer. C'est ainsi qu'en saison, sur les 25 kms du littoral marseillais -et ses 23 plages- ce sont trois tonnes de déchets qui sont ramassés, chaque jour. On trouve de tout, raconte avec dégoût un agent dans La Provence."des emballages plastiques, des canettes, des couches et parfois des tampons hygiéniques". Sans compter les mégots. Un travail de fourmi dit un élu de la Métropole. Un travail qui coûte la bagatelle de 750.000 euros chaque été. L'enjeu touristique est énorme. Une étudiante assure d'ailleurs ne jamais aller sur les plages marseillaises : "je les trouve dégueulasses" dit-elle. Et si les autorités prônent une intensification de la prévention, il va falloir là aussi y mettre les moyens, car comme l'explique un promeneur, "les plages ne restent propres que le matin, après ça se dégrade fortement".