La police judiciaire au bord de la rupture

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

Le Kiosque d'Europe 1 et toutes ses plumes avec Marion Calais pour les régions, Sophie Larmoyer pour l'international et Eva Roque devant la télé. Bonjour à toutes !

"J'en ai ras la casquette" ! Ce matin, Aujourd'hui en France donne la parole à un officier de police judiciaire. Qui, comme nombre de ses collègues, en a donc "ras la casquette". "Avant, dit-il, la PJ c'était la voie royale". Aujourd'hui, "on a de plus en plus de mal à trouver des flics pour en faire". L'investigation, c'est un sacerdoce, poursuit-il.

"Cela vous oblige à une grande amplitude horaire et aujourd'hui les heures supplémentaires ne sont plus payées". Et ça continue : "Avant, on était sur le terrain en permanence, à chasser le voyou. Aujourd'hui on est dans un bureau avec un casque sur la tête à de démener avec des moyens techniques qui sont insuffisants. La moitié de notre activité est consacrée à de la paperasse. On passe notre temps à la recherche d'un stylo, d'une ramette de papier, d'une voiture. Nous disposons d'un seul portable pour tout le service". Un vieux Nokia !" Et puis il y a la procédure, toujours plus lourde : "Vous passez votre temps à notifier à l'individu ses droits, comme si vous deviez vous excuser de l'avoir placé en garde à vue. Le droit d'être vu par un médecin. Le droit de passer un coup de fil à un membre de sa famille. Le droit d'assistance à un avocat. Le droit d'aviser, le cas échéant, les autorités consulaires du pays auquel il appartient. A chaque fois il faut rédiger des PV de notification". Et il conclut : "Si j'étais jeune flic, je ferais autre chose".

Autres témoignages forts, dans Libération cette fois. Qui titre "Ma vie en CDD". Alors que le gouvernement tend à favoriser les contrats à durée déterminée, Christophe 56 ans, raconte : "J'ai dû signer près de 3.000 CDD depuis 1981". Greg, 32 ans, en CDD dans un supermarché : "Je vis d'une semaine sur l'autre".  Amaury, intérimaire de 42 ans: "On est juste une variable d'ajustement". Déborah, 21 ans, saisonnière : "Une maison, une famille, ce n'est pas possible".

A côté de ça, vous retrouverez les marottes (politiques et quasi obsessionnelles) du moment. C'est par exemple l'autre partie de la une de Libération : "Macron, un roi sans partage". "Congrès de Versailles : le président brûle la politesse au Premier ministre" en une du Figaro. En version plus originale, ça donne "Congrès ou de force" sur le site du Huffington Post. "Macron se taille un parti sur mesure" en une de L'Opinion.

La Croix nous emmène à Calais. Et nous raconte comment la ville "veut changer son visage". Le conservatoire du littoral va réhabiliter une partie de l'ancienne "jungle" pour aider les habitants à se réapproprier le territoire".

Et puis, alors qu'il se dit de plus en plus que le CIO pourrait attribuer les JO de 2024 ET de 2028 en septembre, Tony Estanguet, qui dirige la candidature parisienne, met les choses au point. C'est en une de 20 Minutes : "Nous ne sommes pas candidats pour 2028". Et bien ça au moins, c'est clair !

Sophie Larmoyer, il y a quelques jours, on a beaucoup parlé du chapeau de la Reine d’Angleterre, bleu avec des boutons jaunes, comme un drapeau européen (très éloquent en plein Brexit). Maintenant la presse internationale se penche sur la "diplomatie de la chaussette" ?

Absolument ! Le très sérieux Guardian posait cette question hier : "Est-ce que les chaussettes de Justin Trudeau peuvent amener la paix dans le monde ?". Et sous le titre, un magnifique gros plan sur les chevilles du 1er ministre canadien et ces chaussettes sur mesure, portées dimanche dernier à la Gay Pride de Toronto : Arc-en-ciel évidemment et avec ces deux mots écrits : Eid Mubarak , qu’on pourrait traduire par "bonne fête de l’Aïd". Manière de saluer, sur la même chaussette, les droits des homosexuels et la fin du ramadan pour les musulmans.

Et ça c’est fort ! Deux en un

C’est fort et "ça n’est pas sa seule paire politique" !, prévient le Guardian.  Pour tout savoir sur "La diplomatie de la chaussette de Justin Trudeau", il faut lire le New-York Times. Petit défilé de ces chaussettes à message (à voir sur le live vidéo sur europe1.fr pour ceux qui ont des écrans). Outre l’arc-en-ciel / Eik Mubarak,  vous avez aussi les chaussettes patriotiques qu’il portait dans une émission de télé : rouge avec des feuilles d’érable blanches… Et au mois de mai : festival ! Pendant le sommet de l’OTAN : une chaussette rose, une chaussette bleu, et sur le côté l’insigne de l’OTAN. Plus tôt, le 4 mai. Le 4 mai c’est la Journée internationale de quoi ? De Star Wars ! Trudeau avant rendez-vous avec le 1er ministre irlandais, il a montré ses chaussettes : un côté jaune C3PO,  un côté bleu R2D2

Le message diplomatique n’est pas bien clair dans ce dernier  cas

C’est vrai, là le message c’était juste "regardez comme je suis un 1er ministre jeune et cool". Et d’ailleurs, souligne le New-York Times, ça pourrait donner raison à ceux qui critiquent un premier ministre considéré comme "poids léger". Mais quand même,  "les chaussettes de Trudeau, peut-on lire, commencent à avoir leur propre existence,  chroniquées, saluées, observées partout". Elles permettent parfois de briser la glace, elles envoient des messages, sur le multiculturalisme, la volonté de casser des codes vestimentaires antiques. Voilà qui ouvre des possibilités pour les leaders du monde, à l’avenir, "Rarement les chevilles d’un homme auront dit autant de choses", et maintenant "le monde regarde et attend,  la prochaine "déclaration chaussette" de Trudeau".

En famille – M6 – 20.10 du lundi au vendredi

Avec l’été qui arrive, les couples de Scènes de ménages partent en vacances, et laissent leur place à l’autre série courte En famille. 6ème saison pour suivre le quotidien de la famille Le Kervelec. Brigitte, la grand-mère travaille désormais comme fleuriste. Et le travail, ce n'est pas franchement son truc. Lors des réunions de famille, on aime bien jouer au jeu de société. Enfin pas toujours surtout avec Roxanne, la fille cadette, hyper mauvaise joueuse. Et puis il y a Antoine, le petit-fils. Ado en passe de devenir adulte. Pas hyper futé mais qui s’est pris de passion pour la cuisine pour le plus grand bonheur de son grand-père. Les deux hommes sont en cuisine devant une truite. Le succès de cette série repose sur la même recette que Scènes de ménages. On aime ces personnages parce qu’on s’y retrouve. Vaguemement, voire très vaguement mais quand même y’a peu de nous dans toutes ces saynètes. Une fiction réussie notamment grâce aux acteurs avec une mention particulière à Tarek Boudali, un des gendres que je trouve exceptionnel. Le programme parfait pour se détendre en début de soirée.

Marion Calais

L'affaire Grégory. Et le retour de Muriel Bolle dans l'Est Républicain. Témoin clé de l'affaire il y a plus de 30 ans, elle a été placée en garde à vue hier. Dans le Républicain Lorrain, l'ancien ministre du Budget tente d'expliquer le trou de neuf milliards dans les comptes de l'Etat pour 2017 "certaines décisions, reconnait Christian Eckert, ont pu être sous-estimées". Mais pour lui, Emmanuel Macron dramatise la situation. Dans le Télégramme ce matin, une image. Celle d'une plage de Plérin dans les Côtes d'Armor. Plage envahie d'araignées de mer. Troisième échouage massif en quelques semaines. Sans doute à cause de la chaleur.

L'histoire du jour c'est celle d'un voleur qui a des valeurs.

En tout cas, une conscience. Apparemment, un peu trop lourde à porter. Tout commence il y a un peu plus de trois ans raconte la Provence. Quelques jours avant Noël, une septuagénaire qui vient de retirer 20.000 euros à sa banque se fait braquer dans le hall de son immeuble. Deux malfaiteurs -qui l'avaient repéré- lui sautent dessus. Arrachent son sac et s'enfuient. Et jusqu'à cette année, l'enquête de la police ne donnera rien. Mais le 3 mars dernier, la vieille dame découvre un bouquet sur le pas de sa porte. Sans mot. Et 4 jours plus tard, rebelote : sauf qu'avec le bouquet, il y a son expéditeur. Un jeune homme de 27 ans qui sort cette fois une enveloppe contenant 20.000 euros. Le garçon s'excuse mais il est tout de même interpellé peu de temps après. Aux enquêteurs, il a juste indiqué avoir eu besoin de soulager sa conscience. Une histoire pas commune et c'est bien dommage ajoute un haut gradé marseillais.