La majorité dans le dur !

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et François Geffrier font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Ce matin, vous serez d'abord saisi par la phrase d'accroche, en Une de Libération : "Je commence à aimer la drogue plus que mes enfants".

Qui sont les responsables ? "Les opioïdes".
Les opioïdes que l'on trouve dans plusieurs médicaments antidouleur. Libé nous propose "une plongée dans l'Amérique profond, où les overdoses liées à ces psychotropes de synthèse sur ordonnance se multiplient". Une épidémie "qui touche aussi l'Europe" nous apprend Libé.
Un choix de Une qui peut paraitre surprenant mais que le journal justifie par une volonté de nous ouvrir les yeux : "Si nous consacrons des pages à l'effarant niveau de consommation des drogues légales et illégales à travers le monde, c'est parce que ces substances, disponibles sous toutes les formes possibles (y compris de médicaments vendus sans ordonnances) posent un vrai problème de santé publique partout dans le monde. Aux États- Unis, elles tuent bien plus que les armes à feu ou les accidents de la route."
Une dépendance "qui touche tous les milieux sociaux et tous les continents".

À part ça, vos journaux sont toujours aussi dépendants de la politique.

Aujourd’hui en France s'inquiète pour le Who's Who !

Le dictionnaire de l'élite qui doit intégrer de nouveaux députés. Et c'est, parait-il "un véritable casse-tête". Car tous devront figurer dans l'édition 2018 du "gros rouge", c'est le surnom du célèbre dictionnaire rouge de quatre kilos "qui recense 22.000 personnalités les plus en vue dans leur domaine".

Plus classique, la Une du Figaro : "Après une débâcle historique, le PS en voie de disparition".

Politique aussi en Une de La Croix, de L'Huma et de CNewsMatin qui affiche le couple exécutif en Une : "Les travaux démarrent".

Variante dans L'Opinion : "La majorité dans le dur !".

L'Opinion qui, après "le dégagisme" nous propose une petite digression sur "le non mercisme". C'est par Xavier Bertrand qui refuse de briguer la tête des Républicains "Le parti, non merci ! La région avant tout".
C'est Marielle de Sarnez qui renonce à la tête du groupe Modem à l'Assemblée, ou encore Arnaud Danjean (pressenti pour prendre le ministère des Armées) et qui a préféré "garder la tête froide pour ne pas laisser l'orgueil l'emporter". Commencé sous l'ère du "en même temps", le quinquennat va-t-il se poursuivre au rythme du "très peu pour moi" s'interroge le journal.


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

On pensait que dorénavant les donneurs d’ordre étaient attentifs au respect des bonnes conditions de travail dans leurs usines situées souvent loin, en Asie. On pensait que les abus avaient largement cessé, et bien on découvre qu’il y a encore de beaux restes.

C’est ce qu’on se dit en lisant ce titre : "Des travailleuses cambodgiennes dans des usines Nike, Asics et Puma, souffrent d’évanouissements de". La journaliste du quotidien britannique The Guardian, qui signe de Phnom-Penh, a enquêté avec un média d’investigation danois. Ils ont rencontré des ouvrières, des syndicats, des médecins et des officiels du gouvernement. Et on comprend en la lisant que ce n’est pas un épiphénomène : sur seulement quatre usines fournissant les géants américains Nike, Asics, Puma et VF Corporation (qui fait de la distribution de vêtements), 500 ouvrières ont été hospitalisées dans l’année écoulée.

Et donc, parfois, il y a des malaises collectifs ?

Mais oui, à cause des cadences : 10 heures par jour, six jours sur 7 mais aussi de la chaleur : il peut faire 37° dans une usine pas ventilée. Au Cambodge, il n’y a pas de réglementation au contrairement au Vietnam par exemple. Et puis la plupart ont des contrats courts, précaires et mal payés : pas question donc de refuser des heures supplémentaires, elles ont peur que leur contrat ne soit pas renouvelé. Alors par exemple, en novembre dernier, 360 ouvrières se sont évanouies en trois jours. Asics a dû fermer temporairement l’usine. Dans une autre usine en périphérie de Phnom-Penh, il y a eu un problème technique, une explosion, et une épaisse fumée s’est répandue dans le bâtiment, provoquant un mouvement de panique. 150 ouvrières ont perdu connaissance dans la cohue, ça aurait pu être dramatique.

Est-ce qu’il y a une réaction des autorités cambodgiennes et des ces grandes firmes ?

Un officiel cambodgien du ministère du Travail, s’exprime pour dire que ça va mieux ! La preuve : 1.800 évanouissements recensés en 2015, et "seulement" 1160 en 2016. Ce monsieur a l’air de se satisfaire des programmes d’éducation à la nutrition et des soins gratuits pour ceux qui ne se sentent pas bien. Sans doute ne faut-il pas fâcher les industriels du vêtement, qui pesaient un peu plus de cinq milliards d’euros en 2015 au Cambodge. Quant aux géants américains, ils disent enquêter eux-mêmes sur les incidents pour chercher des solutions. L’occasion pour Nike, par exemple, de s’apercevoir que ses règles internes interdisent de travailler au-delà de 30°, ils devraient donc installer une clim dans l’usine en cause.
Donc ça avance doucement mais on se dit que malheureusement il faudra d’autres enquêtes comme celle-là pour maintenir une certaine pression.


Eva Roque pour le programme télé

Conversations avec monsieur Poutine à 20h55 sur France 3.

De juillet 2015 à février 2017, Oliver Stone, le réalisateur américain à qui l’on doit Platoon ou encore JFK, a mené une quinzaine d’entretiens avec Vladimir Poutine.
Les deux hommes évoquent l’opposition avec les États-Unis et l’Otan sur le dossier ukrainien.
Quand Oliver Stone lui demande s’il est exact qu’il a échappé à cinq tentatives d’assassinats, Poutine ne dément pas et précise.

Plusieurs séquences sont choquantes, comme celle dans les tribunes d’une patinoire après un match de hockey, où Oliver Stone aborde le sujet de l’homosexualité.

Cette série documentaire dont deux autres volets seront diffusés plus tard dans la semaine est à la fois étonnante et fascinante. Le film a été très critiqué aux États-Unis. Les médias américains reprochent à Oliver Stone sa complaisance et sa bienveillance.
Lui répète qu’il n’est pas journaliste mais observateur, et qu’il veut présenter un autre visage de Poutine et de la Russie.
Certes, le ton trop convivial est déstabilisant, et en même temps le discours de Poutine mérite d’être entendu. Le film parvient à s’imposer comme un document historique.
À regarder avec le plus grand esprit critique possible.


François Geffrier pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

On commence avec les vérités de Jean-Claude Gaudin à la Une de la Provence, ce matin : "Gaudin se confie". Celui qui est maire de Marseille depuis 22 ans est interviewé notamment sur avenir personnel : "Marseille, c'est ma ville, c'est ma vie. Tant que je suis en forme physique, je garde la fonction." En revanche, il ne se représentera pas en 2020. "Que d'ici-là, mes amis se mettent d'accord sur un nom", conclut-il.

La Une du journal Sud-Ouest : "Immobilier, l’effet fou de la ligne à grande vitesse sur les prix". Oui, parce que Paris-Bordeaux en 2h05 de TGV, ça va commencer ce dimanche. Et les agents immobiliers voient débarquer des Parisiens qui font des offres mirobolantes pour de maisons ou appartements. Résultats sur les prix en un an : +11% à Bordeaux.

Et puis "Cap Sur New York", c'est la Une du Télégramme. Avec une photo impressionnante prise à Saint-Nazaire hier de ces bateaux lancés dans une course vers l'autre côté de l'Atlantique : des voiliers multicoques, qui vont tenter d'aller plus vite qu'un paquebot, le deuxième plus grand du monde, le Queen Mary 2, construit à Saint-Nazaire il y a 13 ans.

L'histoire du jour c'est pas encore tout à fait la nouvelle Catherine Deneuve, mais on s'en approche.

C'est-à-lire dans l'Union. L'histoire de Flavie, 14 ans, qui sort d'un magasin sur une place de Reims il y a quelques mois, quand elle est abordée par une femme et un homme, qui sont réalisatrice et producteur de films, et lui disent qu'ils cherchent leur rôle principal. Voilà donc un casting sauvage. Dès le lendemain, Flavie se retrouve à faire des essais, au milieu de plein d'autres filles comme elle. Elle pense n'avoir aucune chance, elle attend qu'on la rappelle. On la rappelle pour un nouvel essai, qui se passe très mal, dit-elle, parce que je savais trop mon texte. Pas toujours simple d'être doué. Finalement elle est choisie pour un court-métrage. Costumes, maquillage, essais caméras, le tournage dure sept jours. Dans une prison, un cadre un peu particulier. Flavie est chouchoutée par l'équipe du tournage. Dans sa classe personne n'est au courant sauf Lisa et Mélis ses meilleures copines. Le secret est gardé jusqu'à ce que le film sorte et que notre Flavie décroche un prix d'interprétation dans un festival, c'était il y a quelques jours. Qu'a-t-elle fait cette semaine, Flavie ? Elle passe le brevet des collèges.